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Les amoureux de Pesselsis

Une histoire pour ce 11 Novembre.

Pour réaliser le portrait des « Amoureux de Pesselsis », nous nous sommes aidés des documents que nous ont confiés Maryse, Christian Poite et leur famille, que nous remercions.

Alain GLAYROUX

Pour nous intéresser depuis quelques décennies à la Première Guerre Mondiale de 1914- 1918, nous n’avions jamais imaginé qu’il pouvait exister un autre dénouement pour ces soldats soignés à « l’arrière », très loin des lignes du front et bien souvent dans des régions complétement inconnues par ces blessés. C’était sans compter sur l’histoire du grand-père de Christian Poite.

 

En effet, Maryse et Christian Poite, famille Tonneinquaise honorablement connue, ont mis à notre disposition tous les éléments qui nous permettent de vous relater cette belle histoire.

 

Monsieur Arthur Poite est né le 13 janvier 1891, à Rémigny dans l’Aisne. Arthur est le fils de Joseph Poite et de Julienne-Alexandrine Moret.

 

Arthur Poite est incorporé à la deuxième section des commis ouvriers militaires de l’administration, le 9 octobre 1913, puis dirigé vers le 18ème régiment d’infanterie. Quand il part à la guerre il exerce le métier de boulanger dans le canton de Noyon dans l’Oise.

 

Arthur Poite est blessé le 5 mai 1917 à Craonne, une plaie à la mastoïde droite. Comme ses frères d’armes il se retrouve hospitalisé à l’arrière des premières lignes, ses soins lui seront prodigués à l’hôpital de Pesselsis.

 

Nous savons que l’Hôpital Bénévole N° 111 de Pesselsis comptait 65 lits, en additionnant les autres établissements, réservés à ces soldats, nous comptabilisons 260 lits, pour la ville de Tonneins.

 

Nous sommes certains que c’est lors de son séjour à l’hôpital Tonneinquais, qu’Arthur rencontre Hélène-Marie Beuton, car notre « Poilu », n’a pas d’attache familiale dans la région.

 

Hélène-Marie devait faire partie de ces nombreuses bénévoles qui aidaient à soigner ces « soldats ». Une très belle idylle va naître et Arthur Poite épouse le 24 janvier 1918 à Tonneins, Hélène- Marie Beuton.

 

Hélène-Marie est la fille de Pierre Beuton, cultivateur, et de Marie Baylet, cigarière, habitants Tonneins. Le métier de Marie nous donne le lien avec l’hôpital de Pesselssis, car il dépendait de la Direction de la Manufacture des Tabacs de Tonneins.

 

Après ces jours heureux, Arthur guéri, repart dans les tranchées. Dans un premier temps, il est porté disparu, le 30 mars 1918 à Montdidier dans la Somme.

 

Quelques jours passent sans avoir de ses nouvelles, et grâce à la Croix-Rouge Internationale, nous apprenons qu’Arthur est prisonnier en Allemagne dans le grand camp de Saltau. Arthur est rapatrié d’Allemagne le 12 novembre 1918, et il est mis en congé illimité de démobilisation le 21 juillet 1919.

 

Hélène-Marie et Arthur auront deux enfants : Germaine nait le 4 janvier 1920 (mariée à Francis Gastaldi) et Marcel le 23 mars 1921.

 

Marcel Poite et son épouse Marie-Andrée Gardo, ont plusieurs enfants : Reine, Bernard, Serge, Christian et Marie-Hélène.

 

Les archives familiales nous permettent de retrouver Hélène-Marie et Arthur, qui se sont installés comme boulangers à Unet. Ce couple restera dans ce hameau jusque dans les années 1935, année où nos boulangers partent pour Pessac (Gironde), pour continuer ce métier dans un établissement plus important.

 

Notre ville semble plaire à la famille Poite, les hommes ne sont pas insensibles aux charmes des Tonneinquaises, car Paul-Albert Poite, frère d’Arthur, épouse le 30 août 1919 à Tonneins Marthe-Marie-Gabrielle Beuton, la sœur d’Hélène-Marie.

 

Avec Maryse et Christian Poite nous avons regardé à la loupe plusieurs cartes postales (coll. Part. Michel Bazas) sur l’hôpital Pesselsis, et nous avons trouvé une ressemblance certaine avec Hélène-Marie, parmi les soignantes bénévoles de Pesselsis.

 

Pour terminer ce portrait, nous ne pouvons résister à vous présenter le livre de compte que tenaient Hélène-Marie et Arthur, les grands-parents paternels de Christian Poite et de ses frères et sœurs. Ce livre au format 36cm X 24 cm, comporte 300 pages, où sont annotés la quantité de pain achetée journellement par les habitants des hameaux d’Ayet et d’Unet. Nous pouvons relever aussi que certains clients apportent leur blé et en échange ils repartent avec ce bien précieux qu’est le pain ou des bons d’achat.

 

Ce qui est aussi très intéressant, notamment pour les passionnés par l’histoire locale, mais aussi pour les généalogistes, c’est que les noms des clients du boulanger sont mentionnés avec leur lieu-dit de résidence :

 

Penés à Courage, Montagne à Ayet, Gautié à Unet, Bar à Lacouture, Réau à Douzon, Fontet Pierre à Ayet, Gasquet à Gilet, Mayer à Unet, Gay à Jeannat, Fauché Victor aux Turomets, Batanis à Ayet, Dupuy à Courage, Labonne à Unet, Bernard à Unet, Monceau à Gilet, Duplan à Ayet, Audebez Urbain à Moutinot, De Tapol à Moutinot, Bareyre à Unet, Manaut à Ayet, Deltor aux Capitaines, Laffargue Élisé à Courage, Sembéat à Gaillard, Messines à Lagravette, Larrieu à Molerin, Monceau à Gilet, Laffargue à Ayet, Boudon au Phard, Baboulène à Delestan, Barrieu à Muraillet, Gantié à Unet, Audebez Victor à Lagravette, Vidal à Béziat, Rigaud à Rodez, Danie à Calot, Goirand à Unet, Lacoste à Pellet, Pampoulie au Bois, Rivière à Coustil, Gravier à Unet, Mendouze à l’île, Téoulière aux Ourjouans, Didouan à Courage, Baboulène à Croste, Laduguie à Gardette, Coste à La Roche, Garçon à lîle, Téoulère aux Ouzzans, Rivière aîné à Coustils, Germain à Courage, Sembéat à Gailhard, Le Curé à Unet, Broutely à Ayet, Moulinet à Unet, Gibert à Colombier, Pélerin à Unet, Guillo à Muraillet, Bernatas à l’île, Leyrisson à Tridon, Dané à Calot, Renon à la Bordevieille, Gruvier à Unet, Dussumier à Bertranet, Barrière fils à Muraillet, Riberot à Montet, Noguès à Ournais, Pasquet Ulysse à Bereau, Baratet Labourdatte, Rosier à Béreau, Maillé à Barbe, Tyssié à Pelley, Baussens à Mondet, Gache B à Pellet, Renon à Michelet, Fourtet Pierre Ayet, Béziat à Murronneau, Béreau-Barbariche à Capitaines, Layrac Lucien à Unet, Bolle à Balet, Caubet à Coste, Barreau à Ayet, Sicard à Béreau, Vergne à Muraillet, De Gabiac à Unet, Batail Maçon à Ayet, Noyer à Lagraville, Bompar à La Ramière, Bertin père à Muraillet, Laffargue à Pierrot, Ducuing à Ayet, Raton à Ayet, Pagès (berger) à Dauzon, Tuffery à Gilet.

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