Article extrait du numéro 44 de la Mémoire du Fleuve (2008)

En 1930 nous dénombrons trente-quatre épiciers et quatre épiciers en gros, dont les noms suivent: Crouot, quartier Colisson ; Bernard, Place Saint Pierre ; Capelle, Larrard ; Champon, rue Saint Pierre ; Catreils, rue des Bastions ; Charlot, rue des Bastions ; Clotte, rue Gambetta ; Chevrin, place de la Manufacture ; Union Coopérative du Sud Ouest, rue Gambetta ; Delmas, rue du Miroir ; De Genève, Grand-Rue ; Dubergé, rue des Bastions ; Ducasse, rue du Commerce ; Établissements François, rue Gambetta ; Facieras, place des Ormeaux ; Flouret, rue de la Gare ; Fortassis, boulevard Gravissat ; Gason, quartier Colisson ; Jatz, cours de la Marne ; Jugie Charles, rue Gambetta ; Junca, boulevard de l'Abbé Lanusse ; Lafaye, rue du Commerce ; Largounés, rue Gambetta ; l'Épargne, rue Gambetta, Montaud, Larrard ; Vve Noguey, aux quatre Chemins ; Pinault, cours de l'Yser ; Pèlerin, cours de l'Yser ; Deltreil, Chantilly ; Quillateau, route de Toulouse ; Ruche Méridionale, Grand-Rue ; Schréder, rue des Bastions, Sourde cours de la Marne ; Teinturier, rue Saint Jacques.

Quatre épiciers en gros : Pomarède, place de l'église Notre Dame ; Baudel, cours de l'Yser ; Durand, rue Labruyère ; Estrade, cours de l'Yser.

Épicerie Simélie et Juliette Carrère, 4 Rue des Bastions

Simélie Carrère est née le 28 septembre 1895 à Tonneins de SiméonCarrère et de Noëlie Claouet. Le prénom de Simélie est une contraction de Siméon et de Noëlie, qui sont les prénoms respectifs des ses parents.

Sa sœur Juliettevoit le jour trois ans plus tard, le 20 mars 1898 à Tonneins, toutes les deux naissent dans la maison familiale au lieu dit Saint Georges.

Après les études primaires, Juliette débute sa carrière de vendeuse chez Madame Catreils, au 4 rue des Bastions.

Cette boutique fait épicerie, mais aussi office de bureau de poste.

A l'intérieur une cabine téléphonique insonorisée est installée, et les usagers peuvent demander à Mme Catreils ou à Juliette Carrère de les mettre en relation avec tel numéro téléphonique, qui est le poste Tonneins A.

Juliette Carrère reste au service de Mme Catreils, pendant 17 ans, puis à la retraite de celle ci, elle prend la relève.

Sa sœur Simélie vient la rejoindre. Simélie, avant de s'installer avec sa sœur, travaille à l'épicerie Clottes (Actuellement Maison de la Presse) rue Joffre à Tonneins.

Les deux sœurs décident de vendre également du vin en barrique ou a la tirette mais aussi les journaux.

Leur journée commence très tôt, car avant d'ouvrir l'épicerie, elle porte à domicile et à pied, le journal aux quelques abonnés.

De plus à l'aide d'un charreton elle livre le charbon pour le chauffage.

Déjà, à cette époque, Simélie est passionnée par les oiseaux, qu'elles élèvent dans des cages.

Beaucoup de tonneinquaises et de tonneinquais, se souviennent du mainate, qui vous accueillait en sifflant, mais pas au n°4 mais au n° 12 de la rue des Bastions.

Quand vous poussiez la porte du magasin vous entendiez une voie : "Voilà, voilà, voilà", beaucoup étaient loin de se douter que c'était le mainate qui signalait leur présence.

A leur retraite et n'ayant pas de descendants directs, les deux sœurs achètent la maison au 12 rue des Bastions, et continuent de vendre les journaux, jusqu'à la mort de Simélie, en 1972.

Ce mainate dit "Coco" sifflait également "la cucaracha". Il doit sa survie à Siméline. Celle-ci en achetant des graines pour tous ses pensionnaires se voit offrir, par une grainetière, ledit "coco", qui vit cloîtré dans une cave à coté des sacs d'engrais. Il est en fort piteux état quand Siméline le ramène chez elle. Et c'est grâce à toute l'attention que lui porte Siméline, que notre oiseau (qui déjeune avec du pain beurré, et à même droit à du beefsteak) deviendra l'attraction des plus et moins jeunes du quartier.

Les deux sœurs ont trois autres passions : la chasse, la pêche et la cueillette de champignons. Un tonneinquais se rappelle de leur grande connaissance dont elle faisait preuve, pour préparer les appâts, pour repérer les endroits les plus poissonneux, etc…

Pour s'adonner plus facilement à leur passion et pour faciliter leur déplacement, ces demoiselles achètent une voiture, 1 Citroën 2 Chevaux, sur les conseils éclairés de leur voisin garagiste, M. Mora …

Épicerie Bordelaise, rue des Bastions

L'Épicerie Bordelaise se trouvait à l'angle de la rue Cazalis et de la rue des Bastions, doit son origine à la famille Coudon.

Marcel Coudonest né à Tonneins le 4 mars 1873, de Jacques Coudon et d'Anne-Marie Marsan.

Il épouse Marie-Adrienne Dupré, native de Tonneins, le 7 janvier 1875. Marie Antoinette est la fille de François Dupré et d'Anne Courty.

Ils se marient à Tonneins le 5 septembre 1898 à Tonneins. De cette union naîtra le 27 juillet 1899, Paulette-Marcelle Coudon.

Marcel Coudon travaille à la Compagnie des Chemins de Fer du Midi, il est ajusteur, et son épouse à la Manufacture des Tabacs de Tonneins.

Quand il mute sur Bordeaux, son épouse rentre à la Manufacture des Tabacs de Bordeaux, mais elle ne s'y plait pas car l'ambiance est mauvaise.

Durant cette période, leur fille, Paulette, rencontre Jean-Louis Fitère.

Jean-Louis Fitère est né à Bordeaux le 9 août 1894, il est le fils de Pierre-Raoul Fitère et de Marie-Louise-Thérèse Depris.

Jean-Louis travaille aussi à la Compagnie des Chemins de Fer du Midi, avant la première Guerre Mondiale. Jean-Louis est très gravement blessé durant la guerre par une bombe, il a le fémur éclaté. Ce qui lui vaudra de passé neuf mois à l'hôpital de Morlaix où il subit sept opérations.

A son retour de la guerre, la Compagnie des Chemins de Fer du Midi, à cause de son handicap, ne veut pas le réintégrer, il part travailler chez ses parents qui tiennent une épicerie de demi-gros, 5 rue Élie Gintrac, non loin des Capucins dans le centre de Bordeaux.

Jean-Louis Fitère, épouse Paulette Coulon à Bordeaux le 25 juillet 1925.

Jean-Louis Fitère ayant des problèmes de santé, a besoin de changé d'air et de quitter la grande ville.

Son beau-père achète alors une ancienne mercerie à l'angle de la rue Cazalis et de la rue des Bastions à Tonneins et installe sa fille et son gendre dans ce local, qu'ils transforment en épicerie. Nous comprenons plus aisément le nom donné à ce commerce "Épicerie Bordelaise", qui a lui seul résume très certainement la nostalgie des jeunes mariés.

Le couple tiendra la boutique pendant deux ans. Le fonds de commerce sera vendu plusieurs fois, tout d'abord à la famille Schréader, Dauriac et Dalberto. Qui ne se souvient pas de la gentillesse de Jeannine Dalberto, dans ce quartier du Montamat.

D'épicerie, le bâtiment, sera reconverti en petit atelier de confection par M. Rolland Perrez qui, aidé par cinq salariés, de nombreuses paires de pantoufles y seront fabriquées, dans les années 1980. Le magasin est acheté en avril 1992 par M. Perres, qu'il transforme en lieu d'habitation.

Jean-Louis et Paulette Fitère repartiront quelques temps sur Bordeaux où ils succèderont aux parents de Jean-Louis et tiendront l'épicerie familiale, avant de prendre une retraite bien méritée à Tonneins.

Épicerie "La Mère Clavier", 17 rue Birefred

Jeanne Clavier est originaire de Bordeaux, après un détour par Limoges, où elle apprend le "parage et piquetage", phase qui consiste à coudre le dessus d'une chaussure -elle exercera ce métier quelques années à son domicile- elle fait une étape à Agen comme teinturière, puis s'installe rue Gambetta à Tonneins dans les années 1940.

Jeanne Clavier dite "La mère Clavier", a la fibre du commerce, et tout naturellement elle installe son étal de légumes, devant "le petit marché" de la Manufacture des Tabacs de Tonneins. Les légumes sont d'un producteur Clairacais.

Dans cette même période elle achète la maison au 17 rue de Birefred, et ouvre une épicerie. Dans cette boutique qu'elle agence avec goût, elle ne se contente pas de vendre que des légumes ou de l'alimentation. Elle vend aussi des produits de la mer comme les huîtres. Notre commerçante, cuisinière hors pair, proposera des crustacés qu'elle a préalablement cuisinés, et souvent accompagnés d'une mayonnaise maison.

Malheureusement pour les petits commerces, une grande enseigne s'installe rue Gambetta, les ventes périclitent. Mais qu'à cela tienne, les jouets, les bonbons et la papeterie remplaceront les produits alimentaires sur les étagères.

C'est souvent qu'elle oubliera son repas, car de 12h30 à 13h30, le magasin ne désemplit pas, et on peut assister à une longue file d'attente d'élèves qui veulent acheter les bonbons avant la reprise des cours.

Certains chenapans chapardent les sucreries, ils s'imaginent à tord, que la "Mère Clavier" n'y voit pas !!! Son caractère affable faisait fit de ces petits larcins…

L'après midi, après 16h, Mme Clavier propose à ses clients un "lézard" ; boisson composée de limonade, accompagnée avec de la menthe et de la grenadine.

Le magasin fermera définitivement le rideau dans les années 1980. Sa fille Jeanne, qui a hérité de la même passion, fait les tournées dans la campagne environnante avec un camion. Véhicule que conduira quelques temps et occasionnellement, après le décès de son gendre, sa petite fille Jeanne, après le travail, le dimanche matin ou les jours de repos…

Épicerie Clotte, rue Gambetta

Dans le catalogue spécial des produits alimentaires de Félix Potin (de 1905), La Grande Épicerie du Centre Clotte, à l'enseigne Félix Potin, est mentionnée.

Dans les années 1950, ce magasin sera la proie des flammes, la famille Clotte déménagera rue du Temple, car leur maison d'habitation située place du Château, possède un garage donnant dans cette rue. Pendant quelques années, M. Clotte proposera des produits alimentaires mais aussi des journaux.

Pour l'anecdote, notre épicier traversait tous les matins et par tous les temps, la Garonne à la nage…

Quand nos lectrices ou nos lecteurs se souviennent et nous racontent

L'Établissement François, rue Gambetta

Cette épicerie était située à l'angle de la rue Gambetta (actuellement, Maréchal Joffre) et la Grande Rue (Boulevard François Mitterrand).

Madame Sieuzac, se souvient : "…j'achetai des petites plaquettes de chocolat, qui étaient habillées par des petites vignettes représentant Blanche-neige et les sept nains, que tous les enfants de mon âge collectionnaient…".


L'Épicerie Marianot, cours de la Marne

Cette épicerie jouxtait la Maison de la Presse, dans le Cours de la Marne. Madame Sieuzac, se souvient : "…L'épicière tenait un étal tous les dimanches, après les vêpres, place du château. A la sortie de l'église nous nous précipitions sur la place, pour acheter une pomme au sucre d'orge d'une couleur rouge vif, sucrerie que nous trouvons encore de nos jours dans les fêtes foraines…".

L'Épicerie Monseau, cours de la Marne

Cette épicerie se trouvait presque en face de la précédente. Notre passionnée d'histoire, Madame Sieuzac, se rappelle très bien de cette commerçante : "… Avant d'entrée dans ce spacieux local, j'étais émerveillée par le tintement de la sonnette. Puis dans l'embrasure de la porte, Madame Monseau apparaissait - toujours très élégante, très digne- elle vous accueillait avec un grand sourire et une amabilité hors du commun…".

L'Épicerie Nacarlo, cours l'Abbé Lanusse

"… Notre commerçant, M. Nacarlo, se déplaçait tous les jours dans toute la ville, avec un charreton, sur lequel il disposait les légumes, les fruits qu'ils proposaient à la vente…".

L’Épicerie Lafaye, Cours de la Marne

Pour Michel Mole : « … Cette épicerie était une des plus importantes de Tonneins, M. et Mme Lafaye, avaient à leur service plusieurs employés… ».

L'Épicerie Bompard, Saint Pierre

Monsieur Pierre Bernège, féru d'histoire se souvient : "… Quant ma mère faisait des « macaronis » au gratin, elle m'envoyait chez cet épicier chercher du fromage râpé. La machine à râper, qui me paraissait énorme, avec sa pièce de bois pour pousser le fromage, était placée au bout du comptoir à gauche en rentrant. A l'autre extrémité se trouvait un énorme moulin à café, muni d'une grosse manivelle… Il me reste le souvenir du bon goût de la pincée de fromage fraîchement râpée que je "chipais" en retournant à la maison…".

L'Épicerie-Buvette l'Escargot Bleu et l'Épicerie-buvette Diraison, cours de l'Yser

En parcourant un travail de mémoire que M. André Gaillard a réalisé en janvier 1998, nous découvrons quelques anecdotes sur ces deux épiceries: "… Au numéro 98, nous trouvons l'Escargot Bleu, tenu à cette époque par Mme Delmas. Ce lieu était un havre de tranquillité et d'amitié pour certains, qui se retrouvaient souvent au comptoir devant un petit verre de rouge ou un petit blanc, cela leur permettait de deviser avec Louis le patron. En face l'épicerie buvette de M. Diraison, où de nombreux clients prenaient des plaisirs "arrosés", car ils faisaient la navette d'une buvette à l'autre.

La société de consommation n'était pas encore née, dans chaque famille, la cuisine était faite avec de la graisse animale : de canard, d'oie ou de porc. Nous allions à l'épicerie chercher ½ litre d'huile pour assaisonner uniquement la salade, que le commerçant vous transvasait dans une bouteille. Le vin était tiré de la barrique et vendu au litre…".

L'Épicerie du Tournant, à Saint Pierre

Cette épicerie était la propriété de mon beau-père, nous explique Mme Germaine Corsan: "… En effet cet établissement appartenait dans les années 1920-1924, à M. Gaston Corsan, le père de mon mari Paul. A cette époque la famille Corsan emploie une "comise" pour aider dans le magasin qui est ouvert dès 6h du matin et fermé très tard le soir. C'est horaire correspond à l'heure d'embauche de nombreux ouvriers, notamment ceux de la Manufacture des Tabacs, qui achètent les ingrédients pour "casser la croûte", car à cette époque il n'y a pas de restaurant d'entreprise. Déjeuner que beaucoup accommoderont avec des harengs, conservaient dans de gros tonneaux.

Pendant cette période, mon beau père éditera quelques cartes postales du quartier Saint Pierre. Sur une de celles-ci, nous retrouvons la famille Corsan. Puis curieux de voir d'autres horizons, il part travailler à Dakar dans l'aéropostale, et ne reviendra à Tonneins qu'à l'âge de la retraite…".

Atelier sabotier et épicerie Duberger, rue des Bastions

Nous avons le plaisir de vous présenter cette devanture de magasin grâce à un des petits fils de Monsieur Duberger, André Fayoux, qui a eu la gentillesse de nous confier cette photo et les éléments nécessaires pour rédiger ce petit portrait familial. 

M. Louis-Isidore Duberger est né à Virazeil le 27 mars 1888. Il est le fils de Jean Duberger et d'Anne-Léonie Dèche. 

De son union avec Jeann-Hélène Dégals, native de Bourran, le 8 mars 1890, naissent Denise et Franck-Antoine. 

Franck-Antoine Duberger est né le 5 avril 1920 à Tonneins. Il épouse Marie-Denise-Agnès Bourges à Saint-Pardoux du Breuil le 26 août 1944. De cette union naissent Michel et Claude. 

Denise Duberger est née le 17 février 1925 à Tonneins et elle épouse dans sa ville natale le 27 février 1943 Henri-Émil Fayoux. De cette union naissent Daniel, André et Monique. 

En parcourant les recensements de la ville de Tonneins nous pouvons avancer que Louis Duberger et son épouse sont installés dans notre ville avant 1926. 

Leur magasin est à deux usages. Louis exerce le métier de sabotier, nous le retrouvons dans l'annuaire de 1930, et Louise tient l'épicerie familiale.  Leur magasin est situé dans la quartier de Montamat et plus précisement rue des Bastions. 

Sur la photo en premier plan nous apercevons l'ouvrier et sur le pas de porte Denise et Louis qui posent pour l'éternité.

Pour de nombreux Tonneinquaises et Tonneinquais, la famille Fayoux est très connue notamment pour son engagement dans diverses associations. 

Un grand merci à Monsieur André Fayoux, nous vous invitions à suivre son exemple en nous adressant vos archives que nous aurons le plaisir de partager. Elles resterons gravées sur le Musée numérique de l'Histoire de notre ville pour les générations futures.