Les églises

Une présentation en préambule

Images sélectionnées par Alain Glayroux.

Église Notre Dame de Mercadieu et Église Saint-Pierre

Pour vous présenter cet historique sur les églises de Notre-Dame de Mercadieu et de Saint-Pierre de Tonneins, plusieurs passionnés par l'histoire de notre ville ont été mis à contribution :

Madame Julienne Giraldon, Madame Annie Chagnaud, Madame Anne-Marie Duperrin et son époux Michel Duperrin (principaux contributeurs du patrimoine réligieux de la Paroisse Saint-Pierre de Rivière), qui nous ont adressé les deux textes sur l'histoire de ces deux édifices réligieux, avec les photos des stèles commémoratives de la Première Guerre Mondiale, avec l'accord du Père Michiel Olivié. 

La petite biographie des maîtres verriers Feur et Gesta est extraite du nº 51 (2012) de La Mémoire du Fleuve "Dessinateurs, peintres et sculpteurs en pays Tonneinquais", rédigée par Bernard Lareynie. 

L'article concernant le vitrail de "Notre Dame des Poilus ou des Tranchées" est extrait de l'ouvrage d'Alain Glayroux "Les correspondances oubliées de Poilus Tonneinquais", Édition La Mémoire du Fleuve, 2018.

Les cartes postales sont issues de la collection privée de Michel Bazas.

Pour les personnes qui souhaitent approfondir leur connaissance sur ces lieux de cultue, nous les invitons à consulter en ligne les Archives départementales de Lot-et-Garonne, et plus particulièrement le Fonds du Chanoine Durengues (1860-1948) "historiques des paroisses" car les deux textes de présentations sont des résumés du travail de cet érudit. 

Vous y trouverez également l'historique de l'église d'Unet et de Saint-Georges-de-Rams. 

Ci-dessous, un extrait de ce manuscrit.

L'incroyable destin de Notre-Dame de Mercadieu

Photos : Collection privée de Michel Bazas

VIèmesiècle : la fondation de la première église.

La fondation de la 1èreéglise Notre-Dame a eu lieu au 6ièmesiècle. Au VIII elle est détruite, comme toutes celles de la région par les Sarrasins puis par les Normands ou les Vikings. En Aquitaine, il semble que le christianisme se soit implanté depuis le IVème siècle, les missionnaires tout comme les marchands suivaient les voies commerciales : terrestres ou fluviales. A leurs abords se constituèrent les premières communautés chrétiennes.

Rapidement s’élevèrent des lieux de culte des églises, placées très souvent sous le patronage de la Sainte Vierge ou de quelque martyr, notamment du plus glorieux d'entre eux : Saint Pierre. Dès les premiers siècles le culte des Saints, à la portée de la mentalité populaire, fut très en vogue et donne lieu à de grandes manifestations de piété, premières ébauches des pèlerinages futurs.

Nous ignorons ce qu'il en était exactement de Tonneins à cette lointaine époque. Par contre nous savons que déjà au temps des Romains, sur la Garonne, la navigation était fort active. Une grande partie du commerce de la région empruntait son cours et transitait par Bordeaux.

La légère élévation rocheuse sur laquelle Tonneins fut construite, placée à l'abri des inondations, devait paraître favorable à l'habitation aux nombreux bateliers et marchands qui voguaient sur le fleuve. Le site appelait la ville, elle s'y développa sans qu'il soit possible de dire exactement à quelle époque.

Très tôt au VI ou VIIème siècle labourgade se composa de deux agglomérations distinctes, séparées seulement par quelques centaines de mètres : Tonneins-Dessus et Tonneins-Dessous. Des chrétiens s'y établirent. Un peu partout ils bâtissaient des églises : Tonneins-Dessus confia la sienne à Saint Pierre et Tonneins-Dessous préféra le haut patronage de Marie, mère du Sauveur.

Au IXèmesiècle : le nouvel édifice de style roman.

Ces deux villages sur le bord de la Garonne, parcourue par de nombreux bateaux, devinrent très vite un centre commercial actif. Comme précisément le marché se tenait tout autour de l'Eglise NOTRE-DAME, on prit l'habitude de nommer celle-ci :

NOTRE-DAME de MERCADIL plus tard NOTRE-DAME de MERCADIEU ce qui désigne en ancien français les deux caractéristiques de l’église à la fois « frontière » entre Guyenne et Gascogne et « marchand » pour son rôle commercial. Certains jours en effet pour d’importants marchés, les marchands viennent s’installer tout autour de l’église et s’arrêtent « pour prier Notre Dame et leur confier leur négoce ». Transporteurs, acheteurs et mariniers aiment également se confier à Elle. Ce qui peut expliquer le nom de « marché-dieu » :

La Vierge du Marché-Dieu

A Tonneins-Dessous comme ailleurs, tout près de l'église, il y eut très tôt un château. Le Seigneur s'employait à la protection et au contrôle du trafic garonnais. En contre - partie pour passer les marchandises, il fallait s'acquitter d'un droit : le péage.

Au cours des siècles, la ville dut son développement à la rencontre d'un médiocre chemin de terre, de la Garonne, d'un château, d'un péage et d'un sanctuaire. Ces cinq éléments en firent une ville à vocation commerciale sous le signe de la Vierge, protectrice de la cité.

Ce marché dieu était un lieu vivant, animé et priant. C'est là, l'origine très probable du sanctuaire de Tonneins si fréquenté les jours de foire et de marché.

Ce peuple de commerçants prit l'habitude d'exprimer par des fêtes populaires sa foi et sa piété à la Madone toujours secourable : processions, cierges et cantiques furent vite en honneur. De grandes solennités marquèrent les principales fêtes mariales de l'année.

L’Assomption de la Vierge.

Importée d'Orient la célébration de l'Assomption de Marie se répandit en nos contrées vers le X et XIème siècles, et le vocable de l’assomption fut adopté à Tonneins. C'est ainsi que Notre Dame devenue Patronne de la Paroisse fut surtout célébrée à Tonneins-Dessous, à la fête du 15 août

Dans tous les sanctuaires les fidèles priaient devant une statue ancestrale et la foi confiante des uns et des autres attribuait souvent à son Image, les faveurs obtenues de Marie elle-même. Tonneins n’y manqua pas. Il faut quand même souligner qu’aucune des statues dédiées à Marie n'a survécu à la tourmente révolutionnaire des guerres de religion.

Aussi pour nous, l'histoire de Notre-Dame de Mercadieu se confond pratiquement avec celle des églises successives de Notre-Dame.

Du VII au XIème siècle le pays de Moyenne Garonne vécut des temps fort troublés. Bien des églises, de construction du reste peu solide, furent complètement détruites par les Arabes, souvent nommés Sarrazins. Quelques décades après, les normands remontèrent la Garonne pour piller bourgs et villages avoisinants. Les terres d'Aquitaine étaient réputées riches. Elles eurent beaucoup à souffrir du brigandage. Longtemps aussi l'Anglais disputa la région au Roi de France.

Le Culte à Marie.

Cependant le XIème siècle semble avoir été d'un calme relatif. Sans danger la vie religieuse s'extériorisa. Ce fut aussi un temps de pèlerinage. Le Culte de Notre dame atteignit un éclat jamais égalé sous la vive influence de Saint Bernard, Marie devint la noble et douce Dame, Reine de miséricorde.

A Tonneins la ville rayonna tout autour de ses églises. Elles furent le lieu où le peuple prit peu à peu conscience de lui-même et se découvrit une Communauté. Tous reconnaissaient en la Vierge la Protectrice de la Cité.

Au début du XIIIème siècle l'Aquitaine avec la guerre des Albigeois redevint une terre de lutte. Que de fois durant ces troubles ou lors de ceux qu'occasionne, un peu plus tard, la guerre de cent ans les habitants durement éprouvés, durent implorer la Reine du Ciel.

Lentement l'histoire de la région sort de son obscurité. Sur l’église Notre-Dame de l’époque, large de six cannes, longue de vingt-quatre, et construite après le départ des Normands, nous avons quelques renseignements indirects.

La Cité sous le regard bienveillant de Marie.

Les fouilles réalisées en 1883 et 1884 à l’époque de l'édification de l'église actuelle permirent de mettre à jour certains restes de l’église détruite en 1562- Le pavage se trouve à deux mètres environ au-dessous du niveau actuel. L'édifice lui-même était notablement plus étroit. De style roman, il ne pouvait avoir qu’une allure assez massive.

Pothon de Xaintrailles valeureux capitaine de Jeanne d’Arc et Seigneur de Tonneins y avait prié vers 1450. A cette époque l’église n’était pas seulement le lieu de cérémonies religieuses, mais encore s’y déroulaient les plus grands actes de la vie de la cité sous l’œil bienveillant de la Vierge Marie.

C’est ainsi qu’en 1490 le nouveau Seigneur de Tonneins-dessous, Guillaume de Stuer fit serment en N.D. de Mercadieu devant tous les habitants rassemblés de respecter les coutumes écrites de la Ville.

Le XVIème-XVIIèmesiècle : en pleine guerre des religions.

Vers le milieu du XVIème siècle, la Religion Réformée s'implanta fortement dans la région de Clairac-Tonneins au point de devenir la religion dominante. En 1560 les Protestants occupaient l'église Notre Dame. Puis un incendie général en 1562 la ravagea. Plus tard une boucherie, propriété d'état, s'éleva sur l'emplacement même de l'église.

Deux bons siècles allaient s'écouler ayant sa reconstruction, deux siècles où il n'y eut plus à Tonneins de Sanctuaire dédié à Notre-Dame de Mercadieu. La statue de la Vierge avait elle aussi disparu. Cependant l'amour de Marie resta solidement implanté au cœur de chaque catholique.

Ces derniers s’assemblèrent entre-temps près de la Garonne, dans l’église de Tonneins-Dessus, démolie elle aussi en 1562, mais vite remplacée provisoirement et d'une façon plus définitive lors de l’Edit de Nantes et surtout après 1660.

Les catholiques de nouveau se regroupaient. Le 3 février 1686, au lendemain de la révocation de l'Edit de Nantes, le Comte De La VAUGUYON, Seigneur de Tonneins - Dessous, fit venir des Religieux du Tiers - Ordre de Saint François de St. ELZEAR en Guyenne et mit à leur disposition une chapelle.

Il y eut de nombreuses péripéties liées à cette chapelle avant que les catholiques puissent se rassembler en toute sérénité.

A Tonneins et ses environs la fin du XVIIème siècle marque pourtant une rapide remontée du catholicisme lequel redevint majoritaire.

On n’oublie pas Marie.

Le culte de Notre-Dame restait vivace et un jour, la voix populaire réclame une église digne de Marie. Sa reconstruction fut décidée et permise par Monseigneur Mascaron, évêque d’Agen. Le projet n'aboutit que quelques années après.

Entre temps à la faveur de la paix enfin retrouvée, les Tonneinquais s’enrichissaient par le double travail du chanvre et du tabac. La fabrication des cordes et des cigarettes apportera l'aisance à une population laborieuse, moins divisée.

Une nouvelle église : la troisième.

Le 22 Novembre 1737, Mgr. J.G. de Gilbert de Chabannes, Evêque d'Agen, rendit l'ordonnance décisive, en vertu de laquelle il permettait la réédification de l'église sur les lieux, même de l'ancienne église paroissiale de N.D. de Mercadieu. Elle ne comporta qu'une seule grande nef et fut construite par les soins et la générosité surtout de Mr. le Comte LAVAUGUYON.

Le dallage de cet édifice était à un mètre plus bas que celui qui est actuellement. Mr l'Abbé LORMAND, curé de l’époque, mourut avant d'en voir l'achèvement.

Enfin le 10 décembre 1758 fut bénie solennellement l'église paroissiale placée sous le vocable de N.D. de Mercadieu, par M. DELBET, curé Archiprêtre de Marmande. De nouveau, elle fut très fréquentée.

Par un large portail, elle s'ouvrait sur la place. Dominant le porche, une statue de la Vierge étendait sa protection sur les hommes et les choses et semblait veiller sur les intérêts des uns et des autres.

La renommée de la charité du curé Peynaud fut très grande aux dires des protestants eux-mêmes, lors de la peste de Tonneins en 1771 et pendant les années de misère qui précédèrent la Révolution. Au début de celle-ci, il gagna l'Espagne avec le Comte d'Artois, futur Charles X.

La première Municipalité dans l’֤Église de Notre Dame.

C'est dans cette Église N.D, que fut élue le 10 octobre 1790 la première municipalité commune aux deux Tonneins. Quelque temps après, elle n'en fut pas moins largement pillée et cependant déclarée lieu principal de culte de la ville en 1792. Les offices religieux cessèrent pour plusieurs années dans l'église Saint Pierre.

Une seule église : St Pierre ou Notre Dame ?

Comme conséquence du Concordat conclu entre le premier consul et le Pape Pie VI Tonneins ne comporta plus qu'une seule église, celle de Notre-Dame et la paroisse placée sous le patronage de St. Pierre se dénomma désormais officiellement la paroisse de la ville de Tonneins. Une restauration sommaire de l'édifice fut achevée en 1807.

Peu à peu s'estompait le titre de N.D. de Mercadieu. On lit en effet dans les registres paroissiaux à la date du 12 juillet 1807 :

« Depuis cette époque (1803) fut relevée de ses ruines, l'église autrefois appelée N.D.de Mercadieu nouvellement érigée en église paroissiale sous l'invocation de St. Pierre »

Pourtant ce lieu avait été le témoin de plus de 10 siècles de piété mariale !!?

Au XIXèmesiècle sous le règne à nouveau de Marie.

A Tonneins le XIXème siècle fut une époque d'intense activité religieuse et de dévotion à Notre-Dame.

Les Filles de Marie arrivèrent en 1820. Quelques années plus tard, en 1847, ce fut au tour des Sœurs de la Charité de Saint Vincent de Paul de s'établir. Chacune des deux maisons eut sa Congrégation Mariale et beaucoup de jeunes filles s'y firent inscrire. Dès 1842 avait été érigée l'Archiconfrérie de Notre-Dame des Victoires. Se propage également la dévotion à la Médaille miraculeuse.

Les fidèles aimaient les solennelles processions en l'honneur de Marie, notamment le 15 août. Aussi leurs interdictions firent grands bruits de 1880 à 1896

En décembre 1868 le célèbre Père Capucin Marie Antoine vint donner une mission. A cette occasion fut placée sur son piédestal la statue de la Madone aux abords de la place qui porte désormais son nom. Tonneins continuait de se confier à la Reine du Ciel.

Mais l'histoire retiendra surtout que M. le Chanoine David, après bien des pourparlers, décida la rénovation presque complète de l’église de Notre-Dame. La Municipalité y participa.

La reconstruction de l’Eglise dédiée à Notre Dame.

L'église de 1756 fut presque entièrement démolie et de 1883 à 1885 on travailla ferme à la construction de l'église actuelle. Les travaux se trouvèrent assez avancés pour que sa bénédiction par Mgr. Coeuret Varin eût lieu le dimanche 30 août 1885.

La part du clocher existant et son raccordement avec la façade d'entrée fut réalisé en 1894. Deux ans après, le 25 mai 1896, Monseigneur l’Evêque bénissait au cours d'une grande cérémonie la troisième cloche, lourde de 22 quintaux et offerte par les prêtres originaires de Tonneins ou qui y avaient exercé leur sacerdoce.

II devait revenir à Mr. le Chanoine Maurel d'attirer de nouveau l'attention des chrétiens sur la dévotion un peu oubliée à Notre Dame de Mercadieu et d'en répandre son image.

La Statue de NotreDame.

Des anciennes statues devant lesquelles prièrent nos aïeux, il ne reste nulle trace. Celle qui actuellement reçoit les hommages des pèlerins date de 1816. Une inscription gravée sur le socle, indique qu’elle fut offerte à cette date. PIETAS GRATA DEDIT 1816.

Nous ignorons sa provenance ? Est-ce l’œuvre d’un sculpteur ? Ou bien s’agit-il de la pieuse reconnaissance d'une personne ou de toute la paroisse au lendemain des troubles révolutionnaires ? Mais il faut reconnaître que cette statue en marbre blanc de 60 cm de haut révèle un sculpteur de talent qui possède une réelle valeur artistique. Marie drapée dans ces habits aux plis harmonieux, à la figure vivante et fort gracieuse, qui tient un cœur dans sa main, le nôtre, et l’offre à son fils Jésus, qui le prend tout en regardant sa Mère est très belle.

Et depuis cent cinquante ans, les fidèles sans se lasser s’agenouillent près de cette statue. Qui pourra dire les peines, les joies et les souffrances contées dans le secret du cœur de Marie, celle qui ayant connu des heures de liesse ou de terreur selon que l’histoire de Tonneins a été calme ou agitée, celle qui ne nous a jamais laissés tomber.
 

Source : issu d’un document des archives paroissiales.

Église Saint-Pierre

Un étonnant chassé-croisé entre Saint-Pierre et Notre-Dame

VIème siècle : Fondation de la première église en même temps que celle de Notre-Dame. 

VIIIème siècle : Détruite puis reconstruite au Haut Moyen-Âge. Elle est détruite, comme toutes les églises de la région, par les Sarrasins, puis les Normands, et a été aussitôt reconstruite au cours du même siècle, après la victoire de Charles Martel. 

IXème siècle : L'édifice est reconstruit dans un style "roman primitif".

1153 : L'existence de l'église Saint-Pierre de Tonneins est une des possessions de l'Abbaye de Sarlat.

XIVème siècle : Lieu important de la ville. 

1312 : La paroisse Saint-Pierre est depuis des temps anciens unie à celle de Notre-Dame. 

1317 : Le Seigneur Centulle de Rovinha donne au curé des Églises de Tonneins l'église de Saint-Pierre et toutes ses dépendances. L'église Saint-Pierre, située sur la rive droite, appartient dorénavant au diocèse d'Agen suite au partage avec celui de Condom, rive gauche. 

1318 : Lieu de culte, l'église joue aussi le rôle de "maison commune" où la population se rassemble pour traiter des affaires importantes de la Cité.

XVème siècle : La grande église de Tonneins

1407 : L'église est bâtie à l'extrémitié Sud-Est du bourg Saint-Pierre de Tonneins, au bord de la terrasse dominant la Garonne. Elle est rattachée à l'enceinte du bourg lorsqu'il est fortifié. Dans son testament du 17 mars, un bourgeois de Tonneins, Étienne Gourlambeau, exprimer le souhait de fonder une chappelle dite de Gourlambeau dans la chapelle Saint-Étienne de l'Église Saint-Pierre. Les consuls en ont le patronage avec des exigences très précises. 

Le bourg Saint-Pierre possède son église matrice et l'église du convent des Carmes.

Les églises de Notre-Dame de Bugassat, Saint-Georges de Rams et Saint-Saturnin d'Unet sont rattachées à la paroisse de Saint-Pierre. 

1461 : Les Caumont, Seigneur du bourg Saint-Pierre, et notamment Brandélis de Caumont, font divers dons, ou "legs pieux" aux églises Saint-Pierre et des Carmes.

XVIème siècle : Destruction de l'église lors des guerres de réligion

1520 : La paroisse Saint-Pierre et son annexe Notre-Dame sont sous la direction d'un même curé, ainsi que le prieuré du Breil, la cure de SaintÉtienne, et ses annexes Saint-Vincent et Saint-Maurice.

1560 : À Tonneins comme à Agen, on assiste à l'essor fulgurant de la foi protestante. 

1562 : Comme l'église Notre-Dame, Saint-Pierre est détruite par les protestants. Ldes matériaux servent à la construction des fortifications. 

XVIIème siècle : L'église et Tonneins-Dessus sont reconstruits

1600 : Nicolas de Villars atteste dans ses lettres les ruines de l'église Saint-Pierre. Lorsque le culte catholique est rétabli, à la suite de l'enregistrement de l'édit de Nantes par le Parlement de Bordeaux, un oratoire est élevé en attendant la réparation de l'église. 

1622 : Cette chapelle provisoire est rasée, comme le reste de la ville de Tonneins. 

1625 : L'église Saint-Pierre est reconstruite, bien plus modestement avec les mêmes matériaux sur l'ancien emplacement et elle accueille dans ses murs les fidèles de Notre-Dame pendant plus d'un siècle.

1666 : Saint-Pierre recense 70 communiants catholiqies pour 3 000 à 4 000 protestants.

1669 : L'église est agrandie sur "le rocher élevé à plus de 40 mètres qui domine le fleuve et rive gauche".

1681 : Saint-Pierre reçoit 357 communiants catholiques et l'on dénombre 2 855 protestants adultes. 

1699 : Agrandissement de l'église pour accueillir les paroissiens de Tonneins-Dessous. Elle mesure désormais 16 mètres de long, 6 mètres 80 de large et 9 mètres 20 de haut. 

XVIIIème siècle : L'église Saint-Pierre perd son rôle prépondérant

Les fondations de l'église sont menacées par l'érosion de la falaise et elles se dégradent rapidement. Les registres paroissiaux font apparaître que Saint-Pierre dessert les autres églises avec plusieurs de ses vicaires.

1756 : C'est le lieu unique où le culte est célébré pour la population catholique de Tonneins-Dessus et de Tonneins-Dessous.

1760 : L'église Saint-Pierre n'est plus l'église principale. Sur les instances de M. de Lavauguyon, l'évêché nomme un curé à l'église Notre-Dame qui devient paroisse.

Les vicaires de Saint-Pierre continuent à y présider les messes d'enterrements jusqu'en 1792. 

1779 : L'église est impropre aux exercices du culte en raison de sa situation extrêmement périlleuse. Le curé demande alors au conseil municipal de transférer l'église Saint-Pierre. La messe est célébrée sous la halle de Saint-Pierre, qui après avoir servi de local à une boucherie, accueille les fidèles. Le cimetière est transporté au bastion de la Demi-Lune (aujourd'hui pourtour de l'église Saint-Pierre).

1780 : Déplacement de la croix du cimetière.

Le vicaire général Peynaud demande à la Jurade de Tonneins-Dessus de transporter dans le grand cimetière la croix située au milieu de l'ancien cimetière et qui menace de s'effondrer en Garonne, de même que certaines pierres tombales.

1781 : Construction d'une "chapelle reposoir" dans l'entre-deux bourg.

La Jyrade décide sur proposition de l'abbé Peynaud, la construction d'une chapelle qui servira "de reposoir" pour la procession de la Fête du Saint-Sacrement ou Fête de Dieu. Celle-ci sera construite entre Tonneins-Dessus et Tonneins-Dessous, afin de permettre une halte à la procession qui part de l'église Saint-Pierre et effectue une boucle en pasant par l'église Notre-Dame pour revenir au point de départ. De ce fait, la chapelle permet deux bénédictions à l'aller et au retour. 

1783 : L'église Saint-Pierre menace de s'écrouler. 

Les consuls constatent que l'église est sur le point de s'écrouler dans la rivière de Garonne. Cette menace "d'une chute totale" entraîne la décision d'une "réconstruction aux frais des paroissiens et autres"

1784 : Rôle important du curé dans la Jurade. 

Le curé Peynaud demande la désignation de nouveaux consuls de toute urgence "car ceux qui étaient en charge sont tous décédés et qu'il n'en reste aucun qui habite ladite ville pour y exercer la police".

1790 : À la Révolution, les biens de la chapelle de Gourlambeau sont mis en vente. 

L'église Saint-Pierre est ruinée et pillée. Dès la fusion des deux Tonneins, l'église Notre-Dame prend le nom de Saint-Pierre et ceci pour une trentaine d'années.

1792 : Les offices cessent quelques années lors de la période de Terreur.

XIXème siècle : Construction de l'église actuelle

Après le Concordat de 1802, Tonneins ne possède plus qu'une seule paroisse sous le patronage de Saint-Pierre qui est regroupée à l'église Notre-Dame. 

1820 : L'église Saint-Pierre redevient annexe. 

1834 : L'église, selon l'architecte, est construite en gravier trop mouvant. 

1835 : L'abbé Lanusse en devient vicaire.

1841 : Construction de la nouvelle église en pierres dures des coteaux de Nicole, de Saint-Macaire et Langoiran. 

1842 : Inauguration de l'église Saint-Pierre. Elle est reconstruite au milieu du cimetière, plus loin du fleuve sur l'emplacement qu'elle occupe toujours à la fin du XIXème siècle.

1843 : Le 19 novembre a lieu avec toute la solennité possible la consécration et la dédicace de l'église Saint-Pierre de Tonneins, reconstruite en mars de l'année dernière, livrée et inaugurée le 1er novembre dernier. Le même jour est faite la translation solennelle des reliques de Saint-Victor. 

1849 : La démolition de l'ancienne église Saint-Pierre, qui surplombe les quais, s'avère inévitable devant le danger qu'elle représente. Chaque crue de la Garonne emporte une partie de la construction. Le 19 avril 1871, bénédiction de la nouvelle cloche : "A lieu dans l'église Saint-Pierre de Tonneins, la bénédiction solennelle de la nouvelle cloche, acquise par le produit d'une souscription paroissiale. Le vicaire Général Rumeau fait cette bénédiction après la messe de huit heures, au milieu d'un grand concours de fidèles; le soir aux Vêpres, magnifique discours du vicaire Général, chants délicieux, population ravie, fête inoubliable". 

XXème siècle

1935 : Les vitraux ont été conçus à Bordeaux par Alain Fleur. 

1964 : La paroisse est desservie par les prêtres de la paroisse Notre-Dame. 150ème anniversaire de l'église Saint-Pierre.

1987 à 1991 : De gros travaux de rénovation pour un montant de 425 000 francs sont entrepris pour la célébration du 150ème anniversaire de l'église Saint-Pierre. Différents partenaires participent à l'enveloppe budgétaire : la commune finance plus de 160 000 francs, le Conseil Général octroie une subvention de 33 000 francs et l'Association Saint-Pierre organise diverses manifestations et collecte auprès des 295 fidèles près de 232 000 francs, soit 55% du montant des travaux. Il est à souligner l'investissement personnel des bénévoles dans les travaux qui ne peut être chiffré.

1989 : Un nouveau chmein de croix est scellé. Il est esquissé par Christian Couteau puis dessiné et mis en couleurs sur céramique par Julien Montlaur. Il comporte quinze stations comme il est d'usage à la fin du XIXème siècle. Il remplace l'ancien chemin de croix, composé de simples croix, apposées sur les murs intérieurs sympolisant les quatorze stations traditionnelles. La nouvelle quinzième station illustre la foi des chrétiens en la résurrection du Christ. Chacun des tableaux est illustré par un verset des Évangiles. 

1991 : La communauté catholique et la ville de Tonneins fêtent la commémoration du 150ème anniversaire de l'église Saint-Pierre le 16 juin ainsi que la fin des travaux de Restauration. À cette occaion, Monseigneur Saint-Gaudens, évêque d'Agen,, co-célèbre une Messe avec le père Carré, supérieur du Grand Séminaire de Bordeaux; Cétran, curé de Tonneins et Méjan, aumônier de l'hôpital et de nombreuses personnalités locales. 

Les vitraux de l'Église Notre-Dame

Pierre Henri Feur et Louis-Victor Gesta sont les deux peintres-verriers qui ont réalisé les vitraux de l’église Notre-Dame de Tonneins.

Pierre Henri Feur est né le 18 juillet 1837 à Bordeaux d'un père marchand. Le 21 mars 1868 il se marie avec Marie Bazanc. Il décède le 18 mai 1926. 

De 1852 à 1877, Henri Feur est l'élève puis le collaborateur du peintre-verrier Joseph Villiet dont il prend la succession, à la mort de ce dernier. La production de vitraux réligieux constitue son activité principale, le civil reste une activité accessoire.  

Parmi ses principaux travaux, nous citerons :

  • À Bordeaux, les vitraux des églises Saint-Pierre, du Sacré Coeur et de l'Hospice des Enfants assistés
  • À Royan, ceux de l'église Notre-Dama
  • À Besançon, ceux de l'église Notre-Dame
  • À Sens, ceux du pensionnat des Dames de Nevers
  • À Limoges, ceux de la chapelle du pensionnat des frères des écoles chrétiennes
  • À Aix sur Vienne, ceux de l'église Sainte-Croix
  • À Figeac, ceux de Saint-Thomas
  • À Turin, ceux de Saint-Pierre et Saint-Paul, de Cerano (Italie)
  • À Tonneins, ceux de l'église Notre-Dame (verrières exécutées en 1885, 1886 et 1894).

Louis-Victor Gesta, né le 26 septembre 1828 à Toulouse, est un peintre-verrier français, fondateur de la manufacture de vitraux Gesta. 

Des centaines de vitraux Gesta sont aujourd'hui inscrits à l'inventaire du patrimoine français. Il s'agit pour la mplupart de vitraux réligieux (notamment des verrières à personnages), mais la manufacture Gesta est aussi l'auteur de quelques oeuvres profanes, dont les vitraux de la véranda du Casino de Bagnères-de-Luchon. 

En 1890, Louis-Victor Gesta cesse son activité. Il meurt le 6 septembre 1894. Il a notamment réalisé des vitraux dans les églises d'Illats et de Barsac en Gironde, de Beaupuy, Fongrave, Saint-Laurent, Sos, Varès et Tonneins. 

Notre-Dame des Tranchées

Par Alain Glayroux

Ce vitrail a été exécuté par les Ateliers Dagrant de Bordeaux. 

Gustave Pierre Dagrant est un peintre verrier nçe le 13 septembre 1839 à Bordeaux où il décède le 21 septembre 1915. Après l'École des Beaux-Arts de Bayonne, il est élève de Joseph Villiet, par la suite il s'installe à Bordeaux. En 1888, il est nommé peintre verrier de la basilique Saint-Pierre de Rome et travaille beaucoup en Italie. 

Nous le retrouvons dans différentes villes d'Amérique du Sud : basilique de Luján (Argentine) et vers 1915 les plafonds en verrières de la Chambre des Représentants du Sénat de Bogotá (Colombie). L'église San Rafael de Heredia au Costa Rica. 

Gustave Pierre Dagrant travaille avec ses trois fils qui prennent sa suite, Maurice (1870-1959), Charles (1876-1939) et Victor (1876-1939) ainsi qu'avec son beau-frère, Jean-Georges Chauliac, et son gendre Albert Borel, époux de sa fille Marthe Marie. Après sa mort, en 1915, le cachet G.P.Dagrant sera utilisé par ses successeurs. 

Plus près de chez nous nous retrouvons ses oeuvres dans différentes églises de l'Aquitaine, comme ce vitrail "Notre Dame des Poilus de l'Église Notre Dame de Mercadieu de Tonneins"

La commande a été passée par le comité paroissial de la Ville de Tonneins, en 1918, à la fin du conflit 14-18. En parcourant le bulletin paroissial, de janvier 1919, nous découvrons la genèse de cette demande dans un courrier adressé le 11 décembre 1918 par les atelierss Dagrant à l'Archiprêtre: "... Monsieur l'Archiprêtre, j'ai l'honneur de vous adresser ci-joint la photographie du dessin de votre vitrail représentant "N.D. des Tranchées". Le vitrail ainsi exécuté fera très bien, aussi je ne doute pas de votre entière approbation. Nous nous mettons de suite à l'exécution afin de pouvoir le mettre en place avant la signature de la Paix...".

Le dessin représente : 

En premier plan une tranchée guerrière, un soldat est debout à son poste de guetteur, trois ou quatre soldats assis entourent un vénérable aumônier militaire qui leur parle. 

Au plan moyen, un champ de bataille avec éclatements d'obus

Entre ces deux plans, et tout au ras de la tranchée, se dresse en apparition l'image en pied de la Sainte Vierge, portant dans ses bras l'Enfant Jesus, qui se penche en avant et semble bénir les soldats du plan inférieur. 

Par rapport à la date du décès de Gustave Pierre Dagrant, le 21 décembre 1915, nous pouvons avancer sans nous tromper, que nous devons le vitrail "Notre Dame des Poilus" à ses descendants. 

Concernant ce vitrail, nous vous laisson découvrir l'article de Mme Anne-Marie Duperrin : 

Vitrail du souvenir de la Guerre 1914-1918 "Notre-Dame des Poilus"

L'église Notre Dame à Tonneins abrite une scène religieuse représentant des Poilus avant de partir à l'attaque; une représentation peu courante. 

Ce vitrail qui se trouve dans cette entrée représente une Vierge avec Jésus dans les bras -jusque-là c'est classique- mais la partie inférieure est beaucoup plus originale, puisqu'elle représente des "Poilus" dans une tranchée. 

Ce vitrail a été exécuté par les ateliers Dagrant, de Bordeaux, où Gustave Pierre Dagrant avait son atelier. Après l'École des Beaux-Arts de Bayonne, il est nommé peintre verrier de la basilique Saint-Pierre de Rome. Il travaille beaucoup en Italie mais aussi en Amérique du Sud: la basilique de Luján en Argentine; en Colombie, au Costa Rica...

La paroisse de Tonneins a donc confié cette commande à un verrier renommé, et l'appel aux dons a très bien fonctionné. 

Gustave Pierre Dagrant meur en 1915 et ce sont probablement ses trois fils qui ont réalisé le vitrail qui porte cependant ses initiales. La commande a été passée par le comité paroissial de la Ville de Tonneins en 1918 et l'atelier envoie en retour un dessin du vitrail "Notre-Dame des Poilus de l'église Notre-Dame-de-Mercadieu de Tonneins"

Ce vitrail représente, au premier plan, une tranchée guerrière. Un soldat est debout à son poste de guetteur et quatre autres sont assis. 

L'un d'entre eux est, sans doute, un aumônier militaire, que les autres écoutent religieusement. Le centre figure un champ de bataille surmonté de la Vierge à l'enfant qui semble bénir les Poilus. 

On peut lire au bas du vitrial cette épitaphe : 

"Accueillez l'âme de nos morts -

veillez sur nos vivants - 1914-1918"

Ainsi que les signatures G.P.Dagrant et Roganeau (peintre, illustrateur) qui a fourni des cartons de vitraux au maître-verrier Gustave Pierre Dagrant. 

Ce modèle de vitrail a été utilisé dans deux autres églises mais interprété différemment. La réalisation de ce vitrail façon art déco est remarquable. 

 

Les Filles de la Charité Saint-Vincent de Paul

Texte: Alain Glayroux

La Communauté des Filles de la Charité de Saint Vincent de Paul de l’Hôpital de Tonneins.

Pour rédiger cet article sur cette institution Tonneinquaise nous nous sommes aidés des documents que Sœur Annie, Sœur Isabelle et Claude Chauvet, responsables des Archives des Filles de la Charité de Saint Vincent de Paul , ont mis à notre disposition. Par ailleurs ce service des Archives nous a communiqué plusieurs photos que nous regroupons avec celles d’Évelyne Bozzato, quant aux cartes postales de Poville elles sont issues de la collection de Michel Bazas et de la Mémoire du Fleuve.

Nos remerciements à toutes ces personnes pour l’aide qu’elles nous ont apportée.

Nous allons vous présenter plusieurs documents issus des Archives de cette Communauté.

Le premier par ordre chronologique est intitulé : 

« Petit résumé de la Fondation de l’Hôpital-Hospice de Tonneins et de la Maison de Charité Louise de Marillac »,

  • 1821 : Premiers Vieillards confiés aux soins de femmes salariées.
  • 1846 : Sœur DUCOS, première Sœur Servante. Arrivée des quatre premières Filles de la Charité de Saint Vincent de Paul. Fondation de l’Hospice avec soins donnés aux vieillards à l’hôpital.
  • 1847 : Congrégation des Enfants de Marie (10) approuvée par Monseigneur de la Vezon de VESINS. A donné par la suite cinq vocations de filles de la charité, dont deux Sœurs Servantes, une à Narbonne, l’autre à Brescia en Italie.
  • 1848 : Création de l’Asile Libre ou École Maternelle pour enfants de 2 à 6 ans (300 en 1850, entassés).
  • 1850 : Sœur GALTIER, Sœur Servante de 1849 à 1891. Admission de trois pauvres orphelines pour aider les Sœurs et préparer ainsi l’orphelinat qui ne dépassera jamais le chiffre de 25 enfants.
  • 1850-1855 : Construction d’un asile de Vieillards plus grand, plus confortable et plus aéré (don NADAU) ; commencement d’ouvroir pour jeunes filles externes.
  • 1881 : Autorisation de Monseigneur FONTENAN pour le rattachement des « Mères Chrétiennes » à l’hôpital.
  • 1877 : Sœur GALTIER remet à la Commission de l’Hôpital 18 000 francs, pour l’achat d’un bâtiment contigüe à l’établissement (Cahier aux archives de la Commune, sorti de l’Étude de M. Jean GANIER, notaire à Tonneins) qui stipule que l’Administration sera tenue à restituer les 18 000 francs à la Communauté des Filles de la Charité de Saint Vincent de Paul, si pour une raison quelconque, les Sœurs venaient à être déchargées du soin des vieillards.
  • 1891 : Décès de Sœur GALTIER, remplacée par Sœur MARCHOU (1891- 1901), puis Sœur DUMAINE (1901-1904) qui part pour Salonique, remplacée à son tour par Sœur ESQUERRE.
  • 1906 : Fermeture de l’École par ordre de l’État, remplacée par une crèche de 30 à 40 enfants.
  • 1912 : Construction de deux pavillons pour Malades (ouverts en 1914). Un pour des opérations chirurgicales et un autre pour des malades contagieux.
  • 1915 : Décès de Sœur ESQUERRE, remplacée par Sœur GARNIER avec Sœur JEAN-JEAN comme assistante qui devient Sœur Servante en 1920.

Créations et instauration : d’une visite des Pauvres à domicile. Un foyer pour jeunes filles avec apprentissage de coupe, couture et broderie. Construction d’un pavillon pour la maternité et la chirurgie.

  • 1930 : Participation des Enfants de Marie au Centenaire des Apparitions de la Médaille Miraculeuse.
  • 1931 : Création d’un jardin d’enfants et de deux patronages 1’un pour la Paroisse Notre-Dame et l’autre pour la Paroisse Saint-Pierre. Garderie pour fillettes les jeudis, jours de congés et grandes vacances. Participation des Enfants de Marie au Congrès Marial à Lourdes. Création d’un atelier de tricotage et restauration de la Chapelle.
  • 1934 : Participation des Enfants de Marie à la béatification de Sainte Catherine Labouré à Rome.
  • 1935 : Location de la colonie de Vacances de Ruel pour 5 ans.
  • 1936 : Achat de la propriété de « Poville » à quelques kilomètres de Tonneins, sur la hauteur, pour installer une colonie de vacances pour les internes et les externes.
  • 1946 : Construction d’une grande salle de jeux à « Poville », qui servira aussi de salle de retraite pour les Sœurs.
  • 1947 : Construction d’un chalet pour loger le Missionnaire.
  • 1948 : Construction d’une buanderie, d’une salle à manger, d’un puits etc.

Le second document nous présente les effectifs : L’effectif de la crèche garderie est de 40 enfants. 12 enfants sont hébergés dans l’orphelinat. L’Hospice comprend 42 lits pour hommes et femmes, l’Hôpital-Médecine 20 lits, 22 lits pour la Chirurgie et 12 lits pour la Maternité.

La communauté comprend dans ses œuvres paroissiales le catéchisme pour les deux paroisses.

Le troisième document complète les précédents et nous avons relevé :

  • 1944 : Construction du Pavillon de la Maternité.
  • 1950 : Construction et ouverture de la Clinique.
  • 1959-1960 : Création d’un Asile pour toutes sortes d’enfants handicapés, ouverture de la cantine à des élèves d’un cours commercial de la ville. Une Sœur est demandée pour gérer la pharmacie.
  • 1962 : Une Sœur est demandée pour la Radiologie.
  • 1969 : Nouveau pavillon de Médecine.

Ce document nous présente aussi trois Sœurs :

Sœur Hélène GOUMAIN, née en 1875, est décédée à Tonneins en 1962. Cette Sœur qui était arrivée en 1900, a profondément marquée la population par son inlassable dévouement, son service joyeux auprès des malades, à la visite des pauvres et surtout à l’école maternelle. A été décorée du Mérite Social.
Sœur Agnès JEAN-JEAN, née en 1879 et décédée à Tonneins en 1953. Elle était arrivée en temps de disette pour l’Hôpital-Hospice, a beaucoup fait pour les orphelins, pour améliorer le sort des vieillards et pour l’Association des Enfants de Marie.

Sœur Marie-Augustine TESQUET, née en 1897 est arrivée à Tonneins en 1956 jusqu’en septembre 1963. A beaucoup fait également pour restaurer l’Hôpital-Hospice, la Maison des Enfants et celle de « Poville ».
Tout comme les trois précédents documents le quatrième se veut un complément :

  • 1958-1959 : L’école professionnelle ferme en octobre 1959. Construction de la cuisine qui est commune pour les deux maisons. On y venait chercher non seulement le repas des enfants, mais aussi l’eau chaude pour la vaisselle et tous les soins d’hygiène. Dans la maison Louise de Marillac, installation d’une autre cuisine. Construction de la toiture et des chenaux du bâtiment existant. Construction d’un garage, élévation du mur du fond du jardin séparant des voisins. Box pour le dortoir des enfants.
  • 1960 : Construction du bureau administratif pour le Directeur et la secrétaire. 
  • 1962 : Un chef cuisinier remplace la Sœur affectée à cet office. Voulant faire une maison de retraite, on entreprit sur un ancien grenier la construction de locaux pour loger une Communauté de 6 sœurs, qui en prirent possession en novembre 1967. Les vieillards occupèrent alors le dortoir laissé par les Sœurs, tandis que se bâtissait leur futur domaine. Hélas ! par suite de détournements supposés, les dits travaux sont restés en suspens et ce depuis plus de 4 ans. Seul le pavillon de Médecine du Docteur Piquemal fut presque terminé et les malades reçus en septembre 1969.
  • 1966 : Construction de la buanderie et de la lingerie dans la cour du château d’eau. Réfection des peintures, renouvellement des lits, pose de gerflex dans les chambres du 1er étage et installation d’un Poste de Télévision.

Sœur Annie nous précise : 

Le 18 janvier 1966, les Sœurs (60 Sœurs ont officiées depuis la fondation) de la Maison d’enfants se sont séparées de celles de l’Hôpital-Hospice pour former la Communauté Louise de Marillac. 

De nombreux travaux d’aménagement et de mise en conformité avec la nouvelle législation sur les établissements accueillant les enfants ont débuté, mais ils n’ont jamais pu être terminés faute d’argent ! 

Problèmes de locaux, manque de ressources financières, absence de Sœurs « jeunes et compétentes » pour assurer la relève, la Visitatrice fait part aux autorités municipales que les Sœurs cesseront leurs activités fin octobre 1972.

D’après un document, il semble qu’alors plusieurs des enfants aient été placés dans des familles du village et environs. Rien de précis à ce sujet.

Les Filles de la Charité ont quitté l’Hôpital quatre ans plus tard, en 1976.

Aujourd’hui, nous trouvons en lieu et place d’un côté la maison de retraite  de Tonneins, terminée en septembre 1999 et la médiathèque qui elle a été construite en 1982.

Sur le site dit Salesses nous trouvons l’unité d’Alzheimer et le bâtiment des soins de suite.
 

Les plans du bâtiment des Petites Soeurs de la charité de Saint-Vincent de Paul

Documents obtenus et présentés par Alain Glayroux.

Pour terminer ce petit historique sur ce bâtiment et sur cette institution des « Petites sœurs de la charité de Saint-Vincent de Paul » nous avons extrait six plans d’une série de 30. Ces dessins sont des documents d’archives que nous ne pouvons dissocier de l’histoire de cette bâtisse.

Fort heureusement, ce bâtiment va en 1982 retrouver vie car, après le départ des sœurs en 1976, il devient la Bibliothèque municipale de la ville en 1982 et une des plus réussies du département.