Le coffret lanterne Rue Fontaine de la Barre

Texte: Patrice Mendouse. Photographies: La Mémoire du Fleuve

Notre rédacteur de l'article est Patrice Mendouse, que beaucoup de Tonneinquaises et de Tonneinquais connaissent, car ce maître-nageur à la piscine de Tonneins a appris à nager à plusieurs générations d'enfants. Patrice est né et a grandi Quai de la Barre au bord de Dame Garonne. Ce sportif pratique depuis sa plus jeune enfance le canoë-kayak. 

Patrice Mendouse connait par coeur les rues de ce quartier, c'est lui qui nous a fait découvrir ce coffret lanterne Rue Fontaine de la Barre car il est aussi passionné par l'Histoire. Et c'est tout naturellement qu'il nous a proposé cet historique. 

Bonne lecture et merci Monsieur Patrice Mendouse. 

 

L'édit du 25 juin 1697 concernant l'éclairage public promulgué par Louis XIV officiellement pour améliorer la sécurité de ses sujets la nuit dans une période relativement criminogène, sera utilisé en fait pour trouver des moyens de financement. Grâce à cette mesure, le souverain peut renflouer la trésorerie du royaume afin de pouvoir mener à son terme la guerre de la ligue d'Augsbourg (1686 - 1697). 

D'abor institué dans les grandes villes telles que Paris, Bordeaux, Toulouse, Bayonne, Montpellier, La Rochelle, etc. l'obligation s'étend au cours du XVIIIe siècle aux villes de moindre importance. Il est probable que ces installations aient perduré jusqu'à la fin du XIXe siècle dans les petites villes comme la nôtre. Du moyen âge à la fin du XVIIe, les bourgeois des villes étaient invités à poser sur les fenêtres du premier étage des chandelles (le plus souvent de suif moins chère que la cire) afin "d'adoucir la nuit".

L'application du décret prend effet à partir du 28 novembre, jusqu'à la mi-mars tous les soirs sauf les nuits de pleine lune. Soit environ 164 jours en comptant les pleines lunes et les années bisextiles. L'allumage débute au son de la cloche de l'Hôtel de Ville à la fermeture des tavernes (entre 5 et 7 heures du soir) et au plus tard avant le couvre-feu (10 heures en hiver) jusqu'après minuit où elles sont éteintes.

Théoriquement nommés par adjudication publique, des entrepreneurs se chargent de l'entretien des lanternes ainsi que de la fourniture des chandelles. Les préposées qui allument l'éclairage exercent eux une charge saisonnière peu qualifiée, ce sont parfois des femmes. Ils sont souvent l'objet d'agressions verbales voire physiques. On leur reproche d'encombrer l'espace public ainsi que le trafic marchand. 

La lanterne est suspendue à quatorze pieds de hauteur (environ 4,53 mètres du sol). Deux cordes qui peuvent être goudronnées sont employées. La première, appelée de traverse, supporte le poids de la lanterne. Elle est suspendue de part et d'autre de la rue à un crochet et passe par une première poulie d'attache disposée au centre par laquelle passe également la corde dormante. Celle-ci sert à descendre la lanterne. Elle s'enroule autour de la poulie de renvoie avant d'être enfermée dans la boîte murale.