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Texte biographique : Alain Glayroux

Maria-Adèle Lopez est née le 15 mars 1821 à Tonneins. Nous savons que Maria épouse Charles Blanc, professeur au collège de France, historien-graveur-critique d’art.

Maria est artiste dramatique à la Comédie-Française.

Lors du coup d’État le 2 décembre 1851, Maria est du côté des Républicains à Paris et elle forme une ambulance pour soigner les blessés.

Lors de cette insurrection des centaines de parisiens sont tués, nous assistons à des exécutions sommaires des insurgés. Sur l’ensemble de la France 27 000 personnes (le Lot-et-Garonne, fait partie des départements où nous trouvons des insurgés) sont arrêtées et inculpées.

Par la suite, Maria est poursuivie en raison de ses relations avec Alphonse Gent à l'occasion de son procès devant le conseil de guerre de Lyon, elle effectue vingt-et-un jours de prison. Pendant son séjour en prison plusieurs objets sont dérobés dans son appartement, le larcin est effectué par une personne qu’elle héberge.

D'abord désignée pour être transportée à Cayenne, elle est libérée par ordre supérieur.

Maria, est aussi la correspondante de Louis Blanc et de George Sand.

En parcourant le livre « Le club des clubistes » ou « l’histoire complète des clubs et des comités locaux », du 13 juin 1849, nous apprenons que les amis de la Constituante sont installés au 12 boulevard Montmartre à Paris. Quelques lignes se rapportent à Maria : « Du balcon de cette bâtisse-là très jolie citoyenne Maria Lopez, arrêtée dernièrement, envoyait les plus charmants baisers aux frères et amis qui défilent sur le boulevard ».

Nous avons extrait de l’ouvrage de Marcel Dessal (autour de décembre 1851) : « Le complot de Lyon et la résistance au coup d’État dans les départements du Sud-Est », quelques lignes où est citée la aussi notre Tonneinquaise :

« …À cette époque, Gent était logé chez un traiteur nommé Borel, lequel était en même temps la “ mère ” des compagnons. La police apprit qu’il se faisait adresser sa correspondance chez ce dernier au nom de tel ou tel ouvrier, la première enveloppe en contenant une autre avec la suscription : pour Marc. Plusieurs de ces lettres furent saisies à la poste et la police procéda à un vaste coup de filet. Le 24 octobre, Gent fut arrêté, et, dans les jours qui suivirent, ce fut le tour de ses correspondants que l’on avait pu identifier, tels que Longomazino, journaliste à Digne, Albert Ode, avocat et ancien procureur de la République à Uzès, Albin Thourel, avocat à Aix, Antoine Bouvier, instituteur révoqué, à Crest (Drôme), Isidore Gent, frère du principal inculpé, Chevassus, marchand d’ornements d’église et président de la Société des Invisibles à Lyon, Julien Sauve, ancien sous-commissaire à Forcalquier et avocat à Digne, Louis Auriol, journaliste à Montpellier. À Paris, on arrêta une jeune actrice du Théâtre français, Maria Lopez, et Henri Delescluze, puis, un peu plus tard, Charles Lesseps, rédacteur en chef du journal Le Vote Universel. La presse gouvernementale annonça à grands fracas qu’une prise d’armes qui devait avoir lieu dans tout le Midi pour le 11 novembre, date de la rentrée de l’Assemblée législative, avait ainsi été décapitée de ses chefs. De leur côté les journaux montagnards protestèrent avec véhémence contre ces arrestations et rappelèrent le précédent du 29 janvier 1849. Un peu plus tard, on annonça que le complot avait des ramifications en Suisse et en Angleterre… ».

 

Lors de ses débuts de comédienne plusieurs journaux l’égratignent, comme le journal le « Tintamarre », en effet Maria joue dans la pièce « la Camaraderie » de M. Eugène Scribe, le journaliste titre : « … MMme Lopez et Crosnier, deux débutantes ont produit assez peu d’effets… ».

Le journaliste de la France Théâtrale est plus conciliant, le 1er août 1844 il titre : « Mlle Maria Lopez, future soubrette de comédie, a fait deux débuts, faut-il dire heureux ou malheureux ? Absolument parlant, il faut dire heureux, mais pour le simoun ou le sirocco qui soufflent au théâtre, on ne doit employer cette épithète qu’à bon escient… ».

Malheureusement nous perdons la trace de Maria-Adèle Lopez, mais nous-nous ne résignons pas et nous continuons à chercher des éléments historiques pour étoffer son portrait.

Sources :

  • Arch. Min. Guerre, B 979.
  • Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier Français le « Maitron », du nom de son fondateur.