Le coiffeur et inventeur Alexis-Joseph Rollet (1889 - ?)

Alexis-Joseph Rollet est né le 3 mai 1889 à Tonneins, il est le fils de Maximilien Rollet et de Clémence Flouret. De leur union naitra Jean-Louis Rollet (1) qui prendra la succession de ses parents pour s’installer à l’angle de la rue de la Lune à Tonneins comme coiffeur (2).

Alexis-Joseph après avoir effectué son service militaire, est rappelé à l’active le 3 août 1941 et il affecté au 3ème régiment de transport du matériel comme conducteur. Des problèmes cardiaques font qu’il est hospitalisé en 1917 dans la région Toulousaine jusqu’à la fin des hostilités.

De retour à la vie civile il reprend son métier de coiffeur et se passionne pour les inventions. Nous lui devons la brosse à dents démontable, le shampooing Américain, la brillantine Notif et un appareil à couper les cheveux. Cette dernière invention il l’a partagée avec un autre Tonneinquais, Georges-Félix Brut, domicilié rue Collisson.

Le numéro du brevet de « l’appareil à couper les cheveux » est 645 132 en date du 5 décembre 1927.

Mais c’est avec la brosse à dent démontable la « Royale » qu’il va rencontrer d’après ses écrits et ses recherches des problèmes de plagiat avec plusieurs maisons Française comme celles de Famille Lancel, la société de la Veuve L. Prudent basées dans la région Parisienne.

Alexis–Joseph Rollet va payer les services du cabinet Blétry dont la maison mère est Bd Strasbourg à Paris, spécialisée dans la recherche de l’antériorité des brevets par rapport à la propriété intellectuelle.

Les recherches de ce cabinet vont démontrer qu’un citoyen Anglais le sieur Cockhill a déposé un brevet le 16 mai 1899, pour une brosse à dents, elle aussi est 645 132 en date du 5 démontable et avec des caractéristiques très similaires.

Le cabinet conseille à Alexis-Joseph Rollet d’arrêter de payer les annuités pour son brevet, qui apparait sans valeur, puisque l’antériorité anglaise fait échec à sa nouveauté.

De plus nous estimons que vous n’avez rien à craindre des prétentions de la société de L. Prudent.

À son Tour Alexis-Georges Rollet est mis en demeure par l’Union des Fabricants de ne pas utiliser le vocable « Royale » pour sa brosse à dents, à la demande de la maison Dupont. Il se pliera à cette injonction.

Toutes les démarches d’Alexis-Joseph Rollet qui sont nombreuses ont aussi un cout, car il faut payer l’avocat etc, ce qui visiblement ne le décourage pas dans ses recherches.

En décembre 1927 Alexis-Joseph Rollet déclare qu’avec son acolyte Georges Félix Brut, qu’ils sont propriétaires d’un brevet n° 645 132, pour « un appareil à couper les cheveux » et ils déposent un « Projet de contrat de licence de brevet » dans l’office Parisien de C. Blétry.

Les deux associés sont liés par un contrat où il est notamment stipulé que si la vente escomptée des appareils à couper les cheveux n’atteint pas les 1000 ustensiles par an, chacun peut rompre ledit contrat sans aucun dédommagement.

Nous n’avons malheureusement pas les éléments pour savoir la suite de cette aventure.

Par contre ce que nous savons c’est qu’Alexis-Joseph Rollet a aussi inventé la composition d’une pâte de dentifrice, mais nous ne l’avons pas essayée.

Nous vous laissons découvrir la recette :

Alcool à 90°,

Racines de Ratanhia (famille des Kramériacées, Amérique du Sud),

Myrrhe en larmes (famille burseracéae, Afrique du Sud),

Clous de girofles.

Laisser macérer dans l’alcool 15 jours et filtrer.

(1) Documents communiqués par Mme Marie Rollet épouse de Jean-Louis et de Patrice Compère leur petit-fils

(2) Nous avons présenté ce personnage dans le numéro de La Mémoire du Fleuve.