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Texte biographique : Annie Timbeau-Rapin et Anne Raffaello-Lareynie

Fils de Jean Lareynie, agriculteur du Lot, et de Jeanine Maradènes, mère au foyer. Bernard est né le 27 août 1953 à Libourne, où le papa travaillait à la Manufacture des Tabacs, suite à une reconversion professionnelle.

Après ses études à l’IUT de Bordeaux, Bernard fait son service militaire à Nancy. À son retour il travaille comme maître auxiliaire dans l’académie de Bordeaux. Bernard est muté à Dunkerque, mais refuse ce poste. Par la suite Bernard est affecté au LEP de Trélazépetite couronne d’Angers, où il devient titulaire.

Puis Bernard est nommé au Lycée professionnel de Saint André de Cubzac et enfin au Lycée Antoine Lomet d’Agen. Il reste dans c’est établissement jusqu’à sa retraite en 2015.

Entre temps, il est pressenti pour les Palmes Académiques, distinction qu’il refuse poliment (avec sa modestie habituelle).

Ayant passé une partie de sa vie célibataire, Bernard épouse sur le tard Anne Raffaello sa compagne depuis plusieurs années. Nathan Raffaello, le fils de Anne, fera partie du foyer familial.

Toute sa vie Bernard a agi avec sincérité, intégrité et un sérieux qui le caractérisait pour tout ce qu’il faisait. Que ce soit dans son travail, pour ses écrits, pour son engagement militant ou pour ses loisirs.

Bernard était un historien amateur, il s’est toujours présenté ainsi, ses livres publiés n’en sont pas moins d’une grande rigueur et d’un professionnalisme exemplaire. Rien n’était cité sans qu’il n’ait vérifié et revérifier preuves à l’appui. Il n’hésitait pas à exprimer ses doutes.

Et maintenant une petite parenthèse, toutefois, où il se laissait aller à la fantaisie et en toute discrétion depuis plus de 10 ans, Bernard s’adonnait à la magie (il faisait ses tours seulement dans le privé). Par distraction, également, et pendant plusieurs années il prenait des cours très assidus de paléographie.

 

Qui aurait deviné que l’ancien habitant du coquet petit appartement suspendu au dessus des quais de Garonne était un érudit comme il s’en fait peu !

Bernard, toujours avenant, toujours disponible, ne cherchait à s’imposer à personne. Son allure paisible, son regard franc et tranquille, pour tout dire sa gentillesse dépourvue d’une quelconque condescendance ouvraient toutes grandes les portes de l’amitié.

Quand on le fréquentait un peu plus on était pourtant étonné de la volonté et de la détermination de cet homme paisible qui, demeurant indéfectiblement fidèle à ses idées philosophiques et politiques, cultivait aussi la poésie et l’histoire.

Bernard était un grand poète. Ses poèmes ramassés, respectueux des mots, parlaient à tous, manuels et intellectuels et les éditions Funambule sont seules dignes de mémoire.

Ils sont rares ceux qui ont célébré comme lui le travail physique et qui ont évoqué avec une telle justesse la vie du travailleur manuel.

Mai Bernard savait aussi conter l’histoire de Tonneins, la ville qu’il affectionnait. Il la faisait découvrir à tout un chacun et savourer aux plus indifférents. Cette histoire était une part secrète de sa personnalité, elle était sous-jacente à son existence et, dans sa conversation elle demeurait présente, comme en filigrane, comme quelque chose qui allait de soi.

Les eaux de la Garonne se sont refermées sur ses cendres. Ce n’est pas pour moi une manifestation symbolique. C’est une justice rendue à celui qui savait conter et qui enseignait à ses élèves passionnés le mystère du temps qui passe et de l’éminente dignité de l’homme et de la femme.

Adieu Bernard.

 

POÉSIE

La mer … cette délicate salope, Ed. De L’En-Dehors, 1982 (épuisé).

Entre l’automne et l’anarchie, Ed. Le Funambule, 1984.

Le plaisir sauvage, Ed. Le Funambule, 1986.

Montségur, entre l’envol et la chute, Ed. Le Funambule, 1986.

La chair et la glaise, Ed. Le Funambule, 2005.

Le peu qu’il nous reste, Ed. Le Funambule,2017. (Ouvrage publié par son épouse).

HISTOIRE

Trente ans de luttes ouvrières en URSS (1953-1983), Ed. Acratie, 1983.

« Les histoires sont longues ». 1942-1944. Le groupe Alexis de Touzac-Soturac (Réseaux Eugène et Hilaire Buckmaster-Armée Secrète), Ed. La Mémoire du Fleuve, 1995 (épuisé).

L’instit, le campeur, le Résistant. Gérard Duvergé le libertaire, Ed. La Mémoire du Fleuve, 1999.

Résistances en Pays Tonneinquais (1940-1944), Ed. La Mémoire du Fleuve, 2003.

Tonneins, mai 68. Chronologie documentée, Ed. La Mémoire du Fleuve, 2008.

Tonneins, mon album 1900 (en collaboration), Ed. La Mémoire du Fleuve, 2009.

La Résistance en Lot-et-Garonne (CD-Rom, en collaboration avec F. Frimaudeau, J.P. Koscielniak, P. Robin), AERI, 2011.

 

Bernard Lareynie a été l’un des deux fondateurs de La Mémoire du Fleuve en janvier 1992.

Bernard a écrit dans les colonnes du bulletin plus de 50 articles sur l’histoire de Tonneins et du Tonneinquais et il avait en préparation l’histoire de Tonneins en trois tomes, un livre sur les FTP et un ouvrage sur les anarchistes.

Le travail de ses recherches sera déposé aux Archives départementales de Lotet Garonne.