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Texte biographique : Alain Glayroux.

 

Roger-Jean-Marie Dupuy est né le 21 août 1923 à Toulouse et décède le 1er avril 2012 à Aiguillon. Il est le fils d’Albert Dupuy et de Marguerite-Joséphine Barthe.

Roger a deux enfants, Alain et Albert.

C’est son fils Albert qui nous relate quelques éléments qu’a bien voulu lui confier Roger concernant la période de la Deuxième Guerre Mondiale. Comme beaucoup de ses pairs Roger est peu disert sur cette période et pourtant ils se sont comportés en héros, mais restent humbles : « Nous n’avons fait que notre devoir » disent-ils, pour abréger la discussion.

Roger a tout juste 17 ans en 1940 quand des fonctionnaires zélés viennent à son domicile et l’enrôle de force pour le Service de Travail Obligatoire. Dans la foulée Roger se retrouve à la poudrerie de Toulouse.

Lors d’un bombardement de celle-ci, il profite du désordre momentané pour se faire la belle avec deux autres camarades, malheureusement un ne survivra pas. Il n’est pas inutile de dire que c’est un sportif aguerri et après bien des péripéties et des heures de marche, les deux compères arrivent dans les Pyrénées voisines, et s’installent pour la nuit dans une grange.

Exténués par tous ces efforts, ils seront réveillés au petit matin par un groupe de maquisard, mais ce n’est pas pour autant qu’ils sont sauvés. Car les responsables de ce groupe ne savent pas à qui ils ont à faire : des taupes au service de l’ennemi ou deux jeunes qui sont vraiment en fuite. Après de longues heures d’enquête les maquisards les acceptent dans leur groupe et l’élément qui a plaidé en leur faveur s’est leur maigreur.

Pendant ce conflit Roger effectue avec ses camarades des Forces Française de l’Intérieur, de nombreux actes de résistance : déraillements de trains, sabotages, attentats par explosifs sur les voies ferrés, sur des ponts etc. Le plus difficile et tout aussi risqué, c’est qu’après chaque sabotage, Roger et ses camarades, devaient par leurs propres moyens s’éloigner de ces différents lieux à plus de cinquante kilomètres.

Avant la fin de la guerre Roger s’engage comme mécanicien dans la Royal Air Force, il effectue aussi des missions comme mitrailleur de queue.

Tous les engagés dans l’aviation anglaise était basé à Elvington dans le Yorkshire du Nord de l’Angleterre à dix kilomètres de la ville de York

Roger recevra plusieurs distinctions : la Croix du combattant volontaire de la Résistance, la Croix de combattant et la Médaille commémorative française de la guerre 1939-1945.

A la libération Roger entre dans la vie active, après un court séjour dans l’usine d’aviation Breguet, il effectue un essai comme ajusteur-mécanicien à la Manufacture des Tabacs de Toulouse, Allées de Brienne.

Après une période probatoire il est embauché comme titulaire à la Manufacture des Tabacs de Tonneins, car il n’y a pas de place vacante à celle de Toulouse.

Lors de son second mandat (1983) à la Mairie de Tonneins et toujours sur la liste socialiste, il devient Maireadjoint aux affaires sociales.

Il s’implique pleinement dans cette fonction, il est à l’origine du portage des repas à domicile, mais aussi de la multiplication des services et des aides aux personne âgées.

Il est aussi engagé dans l’association Tonneins Social, s’occupe des logements sociaux, de SOS sécurité et de la mission locale.

Roger et sa compagne Simone, sont à l’origine de la collecte des denrées invendues des grandes surfaces de Tonneins, pour les redistribuer aux tonneinquais aux fins de mois difficiles.

Durant tout son mandat et mensuellement, Roger donne en plus de son temps, de son propre argent à des personnes dans le besoin et cela en toute discrétion.

De par ses fonctions syndicales à Force Ouvrière et celle de Maire-adjoint de Tonneins, Roger fait un long chemin avec son alter égo de la CGT Roger Fouragnan, tant à la Mairie qu’à la Manufacture des Tabacs.

Roger Dupuy et Roger Fouragnan seront les leaders de la grève de 1968 où la Manufacture des tabacs est occupée par les salariés.

Roger est un militant socialiste il fait ses classes à la section française de l’internationale socialiste, en 1956. Toute sa vie il sera fidèle à ce parti de la rose.

Comme nous le rappelle son fils Alain, pour les besoins de la cause, il a acheté successivement trois fourgons qu’il utilise pour aller coller les affiches pour le parti en période électorale.

Pendant de nombreuses années il est le responsable de la section tonneinquaise.

Avec sa fidèle compagne, Simone, ils préparent les repas lors des fêtes de la rose et bien sûr ils participent au montage des stands.

La famille Dupuy partage une très grande amitié avec Papy Dumail et la famille de ce dernier. Ensembles ils sont de tous les combats.

De par son militantisme il rencontre quelques figures socialistes comme MM. Emmanuelli et Mitterrand.

En ce dimanche 1er avril 2012, cette figure locale, fidèle à lui-même, s’en est allée en toute discrétion.