Texte biographique : Alain Glayroux
Jean-Bernard-Louis Odin DÈCHE (19/09/1855 - ?)
Médecin de campagne, Député de Lot-et-Garonne, Maire de Calonges.
Jean-Laurent-Raymond DÈCHE (09/08/1888 - 06/06/1969)
Médecin de guerre, médecin de ville
Maurice-Jean-Jacques-Alfred DÈCHE (23/02/1926 - 12/09/2015)
Médecin de famille, Adjoint au Maire de Tonneins
Jean-Bernard-Louis-Odin Dèche, dit Odin, est né à Granges-sur-Lot le 19 septembre 1855. Il est le fils de Jean-Alfred Dèche, avocat, et d’Anne Penne.
Odin épouse Marie-Louise-Adèle Castang qui lui donne deux fils et deux filles :
Jean-Bernard-François-Alfred, dit Alfred, né le 14 novembre 1884 et mort pour la France le 23 décembre 1914. Alfred est étudiant en droit à Paris quand éclate la première guerre mondiale.
Jean-Laurent-Raymond-Dèche, est né le 9 août 1888 à Tonneins et décède le 6 juin 1969.
Après son mariage Odin, propriétaire terrien, et son épouse s’installent à Calonges au lieu-dit « Rance ».
Odin est passionné par la politique et c’est tout naturellement qu’il devient par deux fois Maire de Calonges, Conseiller général du canton, puis Député.
Odin est Républicain de tradition, très attaché aux problèmes des agriculteurs, mais ce fervent catholique est opposé à la séparation de l’église et de l’État. Nous avons retrouvé le discours : « De la séparation de l’Église et de l’État », qu’il prononce le 27 mars 1905 devant ses collègues de l’Entente Nationale, et celui-ci est sans équivoque. Odin est membre de la commission de la séparation des églises et de l’État, il termine son pamphlet par ses propos :
« … Or je n’ai reçu ni sollicité le mandat de voter la séparation des Églises et de l’État, je n’ai donc pas le droit d’engager mes électeurs dans une aventure qui m’apparait pleine de dangers et sans aucun profit pour mon pays… ».
Malgré tous ses mandats politiques Odin exerce son métier de médecin à Calonges et pour ce faire il parcourt la campagne dans son petit cabriolet tiré par son fidèle destrier.
En septembre 1904, Odin député, fait parti de l’aéropage d’élus qui participent aux « Fêtes de Tonneins » en l’honneur de l’Abbé Lanusse, aumônier de Saint-Cyr, qui célèbre ses noces de diamant. Sont aussi présents : le sénateur Giresse, le maire Galup, le colonel d’Adhémar, le général Lespiault, Messines aumônier protestant, Ismaël Cassel poète agenais, Lambertie ouvrier qui représente les Sauveteurs, la poétesse Anna Lafargue et le poète Tonneinquais Fromont, suivis d’une foule considérable.
A cette occasion, les rues de Tonneins sont pavoisées de guirlandes de la place du Château jusqu’au Biscaret.
Quelques années plus tard, Odin et son épouse Adèle assistent impuissants aux départs de leurs deux garçons pour la Première Guerre Mondiale, ce qui est un déchirement familial, comme dans toutes les familles de notre pays.
Odin va remplacer le comte d’Adhémar à l’hôpital bénévole auxiliaire numéro 3 de Tonneins.
Durant les quatre années du conflit, il va soigner les plaies de tous ces blessés de guerre, qui se retrouvent dans nos hôpitaux de campagne.
Odin qui est un excellent médecin, ne pourra jamais soigner la blessure que lui a occasionnée la perte de son fils aîné.
Jusqu’en 1940 année où il décède, aidé par son épouse Adèle, ils effectuent de nombreuses démarches, pour retrouver le corps de ce fils mort pour la France à l’âge de 30 ans.
Son corps repose quelque part du côté de Perthes-lès-Hurlus, commune de la Marne.
Jean-Laurent-Raymond Dèche, dit Raymond, est né le 9 août 1888 à Tonneins et décède dans cette ville le 6 juin 1969.
Jean est le fils d’Odin Dèche et de Marie-Louise-Adèle Castang.
Raymond, tout comme son frère Alfred, effectue ses études de médecine à Paris. Jean est sursitaire et quand la guerre est déclarée il n’a pas terminé son service militaire.
Ses qualités de médecin de guerre, dans les chasseurs alpins, lui valent de nombreuses citations, la croix de guerre, la légion d’honneur etc.
A la fin des hostilités Raymond revient à Paris terminer ses études, il obtient son doctorat en 1920.
Raymond langui de sa région natale et c’est tout naturellement qu’il s’installe dans sa ville de Tonneins.
Quelques années après, Raymond épouse le 28 décembre 1923 à Castelsarrasin, Andrée-Yvonne-Georgina Ormières.
De cette union naissent Suzanne et Maurice.
Raymond reste à jamais marqué par la Première Guerre Mondiale, il sera très peu disert avec sa famille et comme de nombreux soldats il ne parlera pas de ce conflit.
Raymond ramène de ces quatre années de guerre de précieux témoignages sous forme de plaques de verres.
Comme son père Odin et sa mère Marie-Louise-Adèle, ou son fils Maurice, Jean est investi au sein de la Croix Rouge.
Maurice-Jean-Jacques-Alferd Dèche, est né à Tonneins le 23 février 1926 et décède dans cette ville le 12 septembre 2015.
Maurice épouse le 29 juillet 1949 Nicole-Myriam-Georgette Villar.
De cette union naissent : Jean-Michel, Patrice et Jean-Yves.
Maurice s’investie très rapidement dans la vie publique. Lui aussi sera élu et deviendra le 1er adjoint au Maire M. Ropars (mandature de 1962 à 1965).
Le 24 avril 1958 il devient le Président du Comité de la Croix Rouge de Tonneins avec comme premier objectif : doter cette antenne d’une ambulance équipée pour le transport de blessés graves.
De part ses fonctions et sa disponibilité aux services des Tonneinquais il est le médecin : Du Foyer René Bonnet, du Soleil d’Automne et le référent pour la médecine du travail.
Maurice a aussi été le médecin chef de la maternité de l’hôpital de Tonneins, viceprésident du conseil départemental de l’ordre des médecins et président du syndicat départemental des praticiens.
Pendant quinze ans il occupe le poste de médecin chef du service de médecine interne.
Une figure locale, M René Magrin nous a raconté cette anecdote sur le médecin de famille :
« …Un soir le voisin de René, M. Baboulène (vieux garçon) ouvrier à la quincaillerie Patry (Cours de la Marne), frappe au domicile de notre coiffeur et se plaint de douleur. René s’empresse de téléphoner à Maurice Dèche. Dans les minutes qui suivent Maurice est là et prodigue les premiers soins à ce patient. Mais inquiet de l’état de santé de ce Tonneinquais, Maurice reste plusieurs heures à son chevet.
Il est très tôt quand le lendemain matin, Maurice revient pour s’enquérir de la santé de M. Baboulène et pour le réausculter. Visiblement la piqure administrée la veille à fait l’effet escompté par le médecin.
Avant de repartir Maurice va donner des nouvelles à René et Madeleine Magrin, qui avaient pris la relève pour surveiller le voisin malade.
Et pour la première fois de sa vie, comme il le dira à ses hôtes, Maurice est invité à prendre le petit déjeuner dans une famille Tonneinquaise… ».
Quand il quitte ses fonctions de médecin référent du Foyer René Bonnet, les résidents lui rendent un hommage très émouvant, nous découvrons leurs écrits :
« …Cher Docteur,
Nous avons toutes et tous le cœur serré de vous voir partir à la retraite. Pour certains il y a 41 ans que vous vous dévouez auprès de nous.
Nous avons apprécié vos compétences médicales et votre grande disponibilité à toutes heures du jour et de la nuit.
Non seulement vous avez soigné nos corps mais vous saviez aussi trouver les mots réconfortants et apaisants lorsque nous en avions besoin.
Pour tout cela nous vous remercions.
Nous sommes tristes de votre départ, vous laisserez un grand vide, mais nous comprenons que vous ayez le droit de penser à vous et à votre famille.
Nous comptons vous voir souvent en tant qu’ami du foyer.
Vos visites seront toujours un moment de joie pour nous… ».
Les résidents, juillet 2002






