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Biographie : Alain Glayroux. Photos et documents : Danièle Borde et Virginie Kimak

René Borda est né le 29 Mars 1913 à Tonneins, au 22 de la rue Gambetta. ll est le fils de Charles Borda, coiffeur né à Tonneins, et de Marie-Thérèse Avilla- Y- Gruas née à Nérac (47), lisseuse, puis cigarière à la Manufacture des Tabacs.

René partage son enfance avec son frère aîné, Roger. Il fait sa scolarité à Tonneins et participe à la clique de l'amicale laïque « les Cadets Tonneinquais ». René aide son père au salon de coiffure pendant que sa mère travaille à la Manufacture des Tabacs.

De 1934 à 1935 René est mobilisé et son temps d’armée il le fait à Versailles (78). Il est embauché comme typographe au Petit Bleu à Agen, en 1936. En 1937, René réussitle concours d'entrée à la SNCF et dans la foulée il est nommé à La Réole (33) comme facteur mixte.

Le 14 juin 1937, René épouse en premières noces, Melle Hélène Péraud à Tonneins. Au retour de captivité de René, en janvier 1946, ce couple sans enfants divorce.

René se remarie en décembre de la même annéeà Port- Ste-Marie (47), avec Melle Denise Boulogne, bibliothécaire. Le 2 Mai 1948, son épouse donne naissance à Danièle.

Nous savons que de 1940 à 1945, René est fait prisonnier en Allemagne. Concernant cette période la famille possède quelques documents que nous allons découvrir.

Au moment de la 2ème Guerre Mondiale, René est rappelé sous les drapeaux comme 2ème classe dans la 4ème batterie de repérage (Brigade de Renseignement), qui est rattachée à la IVème armée, mise en place en septembre 1939, par le centre de mobilisation de Saint- Cloud (92). Cette batterie est composée principalement de réservistes. La plupart des soldats sont affectés le long des frontières françaises du Nord et Nord Est. La 4ème BR est basée, dans le Bas Rhin à Sarre-Union.

Après l'offensive allemande de mai 1940, la 4ème BR doit se rendre à l’ennemi à partir du 4/06/1940. Au 1/08/1940, seule la 4ème BR n'a plus de position connue, situation "inconnue" pour l'État-major. Sur les vingt-six BR, neuf sont capturées et les autres sont repliées dans le Sud-Ouest, principalement dans les Pyrénées.

Nous avons donc appris qu'il est fait prisonnier à partir du mois d’août 1940, sous le matricule N° 90086 et qu'il était rattaché au STALAG-XIII-C Hammelbourg. Le Stalag XIII C se situe dans la région de la Bavière au Nord-Ouest de Nuremberg.

Selon les documents retrouvés en Allemagne, en 1946-1947, un état des lieux a été fait par commune allemande, correspondant aux troupes, groupes de travailleurs forcés qui ont vécu dans ces communes, ces documents indiquent que René est prisonnier entre le 3/08/1940 et le 1/03/1943 à Wolkshaussen, ville du district de Ochsenfurt. René est affecté au "Arbeit Kommando"n°4186 du 19/10/42 au 1/03/43, il est employé comme ouvrier agricole dans une ferme.

A partir de mars 1943 et jusqu'en avril 1945, nous retrouvons René à Zeubelried, ville du district de Ochsenfurt, dans le «Arbeit Kommando"n°4633. Les deux villes étant distantes de 15km, il est donc resté dans la même région durant cette période. Le Stalag XIII C a été libéré le 6/04/1945 par le 47e bataillon de chars de la 14e division américaine.

Lors de son retour d'Allemagne en 1945, en gare de Tonneins où sa mère l’attend, celle-ci ne l'a pas reconnu. René est tellement amaigri qu’il est méconnaissable pour ses 1m85, fatigué, épuisé. René a souffert énormément du froid, il a des dents en moins que ses geôliers lui ont arrachées à la tenaille. René a subi aussi l'ablation de deux phalanges à l'auriculaire gauche avec pour seul anesthésique, la neige. Grâce au cocon familial, entouré de ses parents, René s’est refait une santé et le tout dans la bonne humeur. Sa mère lui mijotaitde bons plats avec la viande de la boucherie « Roumat » et l'épicerie de la famille « Jugie » (tous rue Gambetta à Tonneins).

Quelques temps après, il reprendson travail en gare de La Réole, dans un premier temps René est nommé à Port-Sainte-Marie, puis il est rapidement muté à Tonneins où il fait une grande partie de sa carrière, pour terminer commis de première.

Son bureau il le partage avec deux grands amis : MM. Gilbert Souci et Pierre Meyer, mais aussi avec d’autres cheminots comme : MM. Lacassagne, Saphy, Lapouge, Picabéa, Laffargue, Guillon, et bien d'autres.

Lors de sa retraite, René se retire à Port-Sainte- Marie où il s’adonne à diverses activités, entouré d’amis qui apprécient sa bonne humeur et son dévouement.

René décède le 03 Avril 1981 d'une hémorragie cérébrale. Il repose au cimetière de Tonneins, dans le caveau familial.