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Texte biographique : Alain Glayroux.

Parmi les chercheurs qui ont contribué à l’histoire de Tonneins nous mettons à l'honneur le coiffeur, poète et historien De Gibel (07/09/1860 - ?).

Une rencontre fortuite avec M. Jean Sauveau et son épouse Éliane, tous deux passionnés par l’histoire, nous a permis de découvrir le vrai nom de De Gibel. En effet, Mme Éliane Sauveau est l’arrière-petite-fille d’Antoine-Georges Bélibié, dit De Gibel. Après avoir mis à notre disposition les actes de l’État civil de son bisaïeul, Mme Sauveau nous a communiqué une photo de notre personnage.

Antoine-Georges Bélibié dit De Gibel est bien né le 7 septembre 1860 à Tonneins, il est le fils de Pierre Bélibié (cordier) et d’Élisabeth Lascombes (couturière) tous deux domiciliés rue des Bastions.

Antoine-Georges Bélibié épouse Catherine Rosset, fille de Jean Rosset, facteur, et d’Élisabeth Bérail. Son fils, le caporal Georges-Joseph-André Bélibié est tué à l’ennemi le 17 février 1915, à Boureuilles dans la Meuse.

Georges Belibié a publié des poésies mais son œuvre maîtresse est l' « Histoire de Tonneins ». Ce livre a été réédité par les Éditions Lacour en 2002 et nous laissons son éditeur compléter nos propos :

« …Georges de Gibel descend d’une famille noble de l’Agenais, mais ruinée… Ses parents, très pauvres, lui firent arrêter les études et le destine pour le travail dans les corderies. Néanmoins il continue d’étudier le soir, sous la surveillance d’un voisin bénévole… Plus tard il est apprenti coiffeur sur Bordeaux. Malgré son salaire d’ouvrier il ne peut continuer à suivre des cours que lui prodigue un professeur… De retour à Tonneins il s’installe à son compte… L’amour des sciences le tenaillant toujours, il prit des professeurs pour continuer ses études : l’antiquité grecque, romaine, la renaissance littéraire, les philosophies anciennes et modernes sont ses matières de prédilections… Il poursuivra des études jusqu’à la fin de ses jours… Ses poèmes lui valurent les compliments de Marcel Prévôt, malheureusement ses pièces de théâtre ne seront jamais jouées et ni l’édition de ses romans… ».

Nous vous laissons découvrir un poème que Georges De Gibel a écrit à sa petite fille (Valentine) et enfin sa photo :

"A ma petite fille, pour sa photographie,

Chère image gravée en mon cœur de grand père

Veuille, un heureux destin, de sa main tutélaire,

Conduire ta jeune âme en des bords radieux

Où tant s’épanouit au sourire gracieux.

Destin, j’irai ‘offrir de mes champs les prémices

Que tes rayons d’amour lui soient toujours propices,

J’emporte, cette image et pleins de souvenirs

Je l’admire en rêvant caressai de zéphyrs.

Elle égaie à jamais ma lourde solitude

Je l’entoure de soins avec sollicitude,

Oh ! Ciel ! Fais que son front, au seuil de ses vingt ans

Ne se ternisse pas, aux ardeurs du printemps,

Qu’il est doux de sentir, dans sa propre famille

La chaude affection d’une petite fille".