Rugby à XIII. Les personnages.

Plusieurs Tonneinquais ont dédié leurs vies au Rugby à XIII. Parmi eux, les cinq personnages les plus remarquables sont :

  • Le sportif émérite Valmy Grand (1904 - 1984)
  • Le rugbyman Jean Galia (1905 - 1949)
  • Le cofondateur du club de Rugby à XIII Norbert Teyssier (1901 - 1973)
  • Le rugbyman Charles Cadis (1921 - 2011)
  • Le dirigeant du club local de Rygby à XIII Jean Bernège (1919 - 1984)

Visiter la page dédiée à ces sportifs remarquables et à leurs biographies

 

Rugby à XIII. Les équipes depuis 1934.

Pour vous présenter l’histoire de l'UST, notre club emblématique de Tonneins, 1er club amateur de Rugby à XIII créé en France en Mai 1934 nous nous sommes aidés du livre d’Alain Glayroux « les 80 ans de Tonneins XIII ».

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Dans ce chapitre, nous nous intéresserons aux équipes Tonneinquaises de rugby. Nous vous laissons découvrir des photos du Rugby à XIII. Comme vous le savez Tonneins XIII est le premier club de rugby créé en France en 1934.

Nous vous laissons découvrir les écrits des différents historiens et spécialistes de ce sport et nous vous présentons une petite biographie de chaque intervenant.

Avant-propos de Mike RYLANCE

M. Mike Rylance est un sujet britannique qui habite dans le berceau du rugby à Wakefield. Il est journaliste, spécialiste du rugby à XIII pour notamment : League Express, Rugby League World. M. Mike Rylance est l’auteur de trois ouvrages: International Stars of Rugby League, A History of the Wakefield Rugby League Football Club (1872-2013), et de The Forbidden Game (Le Rugby Interdit). Vous pouvez trouver ce dernier ouvrage chez «Les Dragons Catalans ».

En 1939-40, cinq ans après sa naissance, Tonneins XIII faisait partie du Groupe B du championnat de guerre. Pour la première fois il se frottait à la moitié des grands clubs de l’époque, ceux qui avaient répondu au cri de ralliement de Jean Galia : Bordeaux, Côte Basque, Pau, Villeneuve-sur-Lot.

En 1934 Tonneins avait vite embrassé le néo-rugby comme on l’appelait à l’époque. Ce rugby spectaculaire, rapide, sans points morts enflammait les foules de Paris à Bayonne, de Perpignan à Lyon. Il commençait à rivaliser avec le rugby à XV en proie aux brutalités, au racolage, au professionnalisme voilé. A un tel point que les férus pouvaient dire, comme le docteur Déjeant, Président de Côte Basque XIII, que le rugby à XIII était le rugby du futur.

Les treizistes, ces hérétiques, ces hommes révoltés comme écrivit Albert Camus, refusèrent d’accepter l’hégémonie de la FFR, cette même Fédération qui, selon les mots du docteur Mourgues, se servit des voisins de Villeneuve « pour faire croire qu’elle régissait un sport amateur. » C’est Jean Galia qui fut le bouc-émissaire de la FFR, qui le radia pour soi-disant faits de professionnalisme lors de ses tentatives de nettoyer la discipline qu’elle dirigeait.   

Galia, avec un sursaut d’indignation, devint l’apôtre des Anglais qui voulaient implanter le rugby à XIII en France et fit en sorte que le club de Villeneuve devint le premier club à XIII en date en France. Tonneins répondit tout aussi vite à son appel. Cette ville, place de sûreté des protestants au dix-septième siècle, accueillit les rugbymen non-conformistes du vingtième.  

On le sait depuis longtemps, ce club a produit de grands joueurs, dont le premier fut sans doute Maurice Bruneteaud. Ce troisième ligne international, doué d’une lucidité hors du commun, fut, selon mon regretté collègue André Passamar, un avant complet. Il s’illustra sous les couleurs de Villeneuve, avec qui Tonneins maintient ses relations symbiotiques jusqu’à ce jour.    

Ce n’est pas par hasard que ce club de rugby à XIII compte plus de 180 licenciés dans ses rangs, sans parler de l’encadrement. Le chiffre en dit long sur le dévouement de ses bénévoles, l’enthousiasme de ses jeunes. Si seulement la FFR XIII avait davantage de clubs comme Tonneins...

Préface de Robert FASSOLETTE

M. Robert Fassolette est professeur d'éducation physique et sportive. Breveté d'État 3ème degré de Rugby à XIII. Diplômé de l'INSEP. DEA d’Histoire du XXe siècle de l’IEP de Paris. Président de l'Association "XIII ACTIF". M. Robert Fassolette est l’auteur de nombreux ouvrages dont :

  • Robert Fassolette, La modernité sportive assassinée par décret la mort du Rugby à XIII en 1941, XIII-XV, Bases socio-historiques d’un siècle de professionnalisme « ovale » à deux vitesses.
  • Robert Fassolette, Rugby à XIII ou jeu à XIII.

Histoire du Rugby à XIII en France

Dès 1912 les Anglais envisagent d’exporter le Rugby League en France. Un de leurs dirigeants ayant rapporté, à la suite d’un voyage dans le sud-ouest, avoir constaté que, le rugby à XV français procédant à des paiements de joueurs, cela devrait y permettre l’implantation du rugby professionnel. La Grande guerre passée, on projeta en 1921 un Angleterre-Australie pour le public parisien. La puissante FFR s’y opposa en faisant interdire tout terrain pour cette démonstration d’un sport qu’elle considérait déjà comme une menace. Mais en 1933, très affaiblie par son exclusion du Tournoi des V nations, essentiellement pour non-respect du strict amateurisme alors exigé des rugbymen, la FFR ne put faire obstruction à cette même affiche treiziste. Ce fut un succès considérable, tant la découverte de ce rugby dynamique et sans temps morts fit sensation auprès de la presse comme du public : l’implantation du rugby à XIII en France devenait inéluctable. Affolée par cette concurrence mortifère, la FFR chercha grâce auprès des Britanniques en radiant des joueurs de grande notoriété, connus pour « émarger » sous la table, comme Jean Galia qui avouait ouvertement vivre du rugby. De plus, tout rugbyman qui s’essayait au néo-rugby treiziste était, sur le champ, radié de la FFR avec extension à tous les sports amateurs…

Le 6 avril 1934, la Ligue française de rugby à XIII déposait ses statuts à Paris et y organisait, le 15 du même mois, un France-Angleterre (21-32) joué à guichets fermés devant les 20 000 spectateurs du stade Buffalo, enthousiasmés par un match dynamique, ponctué de onze essais… De ce moment, la FFR n’aura de cesse, et toujours actuellement, de tout faire pour s’opposer au développement du XIII.

Malgré tous ces barrages dressés contre lui par le lobby quinziste – comme ceux, institutionnel, d’être rejeté par le CNS et, logistique, de se voir empêché d’utiliser nombre de terrains – le « néo-rugby » finira par s’imposer, notamment grâce à Léo Lagrange (agrément de l’Etat en janvier 1938). Au printemps 1939, dans un contexte général de sport français déclinant, le « XIII de France » devient la toute première équipe tricolore à battre les Anglais sur leur sol. Un tel succès généra rancœur et jalousie, non seulement au sein du rugby orthodoxe mais également au sein du très conservateur mouvement sportif français. Le XIII était perçu comme idéologiquement subversif en ce que son professionnalisme modéré s’organisait autour d’un contrat renouvelable chaque année, lequel exigeait des joueurs d’élite d’avoir un métier « à la ville » : le treiziste avait donc deux sources officielles de revenus et payait taxes et impôts en conséquence. Ce contrat novateur mettait en avant l’autonomie du joueur, en total contrepoint avec le professionnalisme absolu et inféodant du Football français (1932) qui le liait jusqu’à l’âge de 35 ans à la seule volonté de son Président de club.

Ce ressentiment refera surface en s’exprimant dès le début du régime de Vichy par l’interdiction de pratique du XIII (octobre 1940), laquelle sera suivie de la spoliation et de l’éradication de ce sport prononcé par un décret signé de Pétain (décembre 1941). Il est vrai que nombre de dirigeants quinzistes, comme le colonel Pascot, furent de zélés serviteurs de l’Etat maréchaliste. Ainsi, le XIII sera-t-il exclu du processus de mise en place à grande échelle du système sportif français, lequel se muera à la Libération en Ministère de la Jeunesse et des Sports. Le XIII ne sera donc pas inscrit au cursus de formation des enseignants d’EPS que définissent les instructions officielles du 1er juin 1941 qui installeront jusqu’à nos jours le « cinq majeur des sports co » : Football, XV, Volley, Basket ainsi que le Hand-Ball (ce dernier importé par l’occupant).

La guerre terminée, le XIII devra – de manière très contre intuitive – entrer en résistance, avec Paul Barrière comme figure de proue, pour assurer son redémarrage. Aussi, le retour de la pratique treiziste sera-t-il étatiquement assujetti à un changement imposé d’appellation : en instaurant le « jeu à XIII » (JO, 22 avril 1949) comme un nouveau sport, on empêchait les treizistes de bénéficier de l’ordonnance du 2 octobre 1943, prévoyant la restitution des biens et des droits aux associations ayant souffert de Vichy. Le « rugby à XIII » était ainsi retiré de l’histoire, mais ses anciens dirigeants et joueurs reprirent le flambeau et parvinrent à lui redonner lustre et ampleur lors des années cinquante. Autour de l’emblématique figure de Puig-Aubert, l’éblouissante tournée aux antipodes de 1951, dont on parle encore aujourd’hui en Australie, sera suivie d’une série de victoires contre toutes les grandes nations treizistes ainsi que d’une finale de Coupe du monde (première du genre, organisée en France) en 1954.

Mais, au-delà des années soixante, le non renouvellement des cadres (joueurs, dirigeants, sympathisants…) – dû à l’insidieux prolongement de Vichy qu’est encore à ce jour l’absence du XIII à l’école – doit être perçu comme la raison majeure de l’étiolement de ce sport en France. Aussi, au début des années soixante-dix, le XIII est-il en incontestable perte de vitesse. La FFR va en profiter pour tenter de réaliser l’étouffement que Vichy n’avait pu inscrire dans la durée par manque de temps. C’est ainsi que, encore sous l’égide de l’Etat, sera imposé au XIII un protocole (31 mai 1972) lui interdisant d’aller chercher au XV les joueurs que ni l’école, ni l’université ne pouvaient lui fournir. De plus, en instaurant l’âge de transfert libre entre les deux sports à tous les joueurs (sauf internationaux) de moins de 21 ans, le riche rugby à XV s’autorisait à dépouiller son adversaire, exsangue, sans aucune contrepartie.

Dans un nouveau réflexe de survie, la FFJ XIII de René Mauriès décida de mettre en place une politique effective de formation de ses propres joueurs. Dès 1977, des résultats probants seront obtenus y compris dans les matchs internationaux. Les Australiens, champions du monde en titre, seront même battus par deux fois en 1978. Anglais, Gallois et Néo-zélandais connaîtront le même sort entre 1979 et 1981 : ceux que l’on appelle « les enfants du protocole » redorent brillamment le blason treiziste. Et ce au moment même où le XV de France n’arrive pas à gérer sa retentissante première victoire en terre néo-zélandaise contre les All Blacks, le 14 juillet 1979 à Auckland. En effet, le Tournoi des V nations du printemps 1980 le voit finir dernier ex-æquo, puis à l’automne suivant se faire étriller, à Paris, par les Springboks (sud-africains), juste avant d’être humilié par la Roumanie. Les media tournent alors les yeux vers cet autre rugby, celui qui réussit malgré « tout » à s’en sortir par lui-même : la presse vante les résultats treizistes ainsi que la méthode pour y parvenir et la télévision (Antenne 2) décide – grande première – de retransmettre en direct la finale du championnat de France, annoncée pour le 17 mai 1981.

Face à ce dangereux retournement de situation, le président de la FFR va tenter de reprendre la main : non seulement il va y parvenir mais, bien au-delà de ses calculs, le XIII en finira par se tirer une balle dans le pied ! En grand secret, Albert Ferrasse organise pour la fin 1980, le passage à XV du plus grand joueur treiziste français du moment : reconnu comme le meilleur trois-quarts centre du monde, Jean Marc Bourret, « Soulier d’or Adidas », ne pouvait logiquement pas intégrer les rangs quinzistes, non seulement en raison des stricts règlements amateurs qui considèrent alors tout treiziste comme infréquentable professionnel, mais également du fait du « protocole », totalement bafoué en l’occurrence. Or, l’Etat – qui en était le garant – n’intervient pas. Mieux : disqualifié par les instances quinzistes internationales, Bourret sera ensuite requalifié… grâce à l’intervention du Ministère des Sports. L’affaire fait grand bruit et met en ébullition le mouvement treiziste, dorénavant sans protection, au point d’en déstabiliser le fonctionnement fédéral. Les ténébreuses conséquences internes au XIII de cette « affaire Bourret » conduiront à ce que la France entière soit témoin de cette catastrophique finale de mai 1981 qui se termina, au bout de moins de cinq minutes de jeu, dans une regrettable bagarre générale.

Cela survint au moment précis du retour de la Gauche au pouvoir, moment que bien des treizistes attendaient. Du fait de la connotation « classe modeste » de leur sport, beaucoup pensaient que le nouveau pouvoir, à l’image du Front populaire, permettrait au XIII de revenir sur le devant de la scène, notamment en clarifiant les responsabilités quinzistes sous Vichy. Mais on ignorait encore que François Mitterrand ne souhaitait pas vraiment revenir sur les années sombres, non seulement pour lui-même, mais également pour ne pas ternir l’image de figures emblématiques du parti, comme Marie-Thérèse Eyquem (égérie de Borotra en 1940 pour le sport féminin, secrétaire nationale du PS en 1975, décédée en 1978). Toutefois, le combat (qui dura huit ans) pour retrouver l’appellation légitime de rugby à XIII, initié en 1985 par le président fédéral Jacques Soppelsa, fut, dans ce contexte, un succès d’estime.

Depuis ce cataclysme télévisuel qui le relégua au rang de paria des medias, le XIII tente de refaire surface avec de faibles moyens au regard de ses grands concurrents anglo-saxons contre lesquels, faute de réservoir, il ne parvient pas encore à obtenir les résultats qui lui redonneraient crédibilité. Et ce d’autant plus que le XV, passé pro, s’inspire de plus en plus du XIII en ce début de XXI° siècle.

Cependant, dans le sillage initiatique du PSG XIII de Jacques Fouroux (1995 et 1996), le succès qui ne cesse d’aller en s’affirmant, depuis 2006, de l’équipe professionnelle des Dragons Catalans, seule franchise hexagonale engagée en Super (Rugby) League britannique, est à ce jour la dernière étincelle susceptible de raviver la flamme treiziste tricolore.

Tonneins au cœur de l’histoire treiziste, par Louis BONNERY

M. Louis Bonnery est professeur de sport. Il a été International Junior, Espoir et Senior. Pendant de nombreuses années il a entraîné l’équipe de France Universitaire. Depuis 2012 il est consultant sur BEIN Sport TV et il est l’actuel Président de la Ligue Languedoc Roussillon de Rugby à XIII (depuis 2004).

Il est l’auteur de nombreux ouvrages :

  • France – Australie 1986 – Cano et Frank – Limoux,
  • Le Jeu à XIII – Que sais-je – No 2264 – 1986,
  • Rugby à XIII –Technique et Entraînement- 1992 -Edition EPS.
  • Le Rugby à XIII le plus français de Monde 1996, Cano et Frank, Limoux.

Contributions :

  • Correspondant du Quid de 1985 à 2008.
  • Préface « Quand le XIII enflammait la France » Demelin en 2008.
  • La fabrique de l’histoire de France Culture en 2003.
  • Documentaire « Envers et Contre Tous » de Jean Charles Deniau en 2001.

La création de Tonneins XIII dans la phase initiale du départ du rugby à XIII en France en 1933-34  ne peut pas se dissocier du contexte général de la situation du rugby en France à cette époque-là. Essentiellement  dans ce foyer fondamental du départ du rugby à XIII en France  qu’a été Villeneuve sur Lot et son terrain d’influences.

Le rôle capital qu’a constitué  en son temps la Ligue d’Aquitaine de Rugby à XIII va également  y jouer un rôle important. En 1933-34, Jean Galia et ses fidèles pionniers ont déjà  semé les  ingrédients  de la grande  rupture et le Rugby à XIII est en train de s’implanter sur le territoire national.

Même si la pratique initiale reste concentrée autour  des  équipes  les plus compétitives possibles et ouvertement rétribuées, spontanément et simultanément se sont levées les compétences et les  volontés pour donner une assise la plus large possible à ce nouveau sport.

Elles s'inscrivaient simultanément dans des perspectives optimistes, militantes  et soucieuses  quant à l'avenir de la nouvelle pratique sportive que représentait en ces temps-là le Rugby à XIII.

Sur le socle de la découverte et de l’approche d’un rugby d’une autre conception technique et physique  vont se constituer sur les bases souvent de la dissidence mais aussi de convictions  pures  les équipes dites amateurs et de jeunes.

Ce nouveau sport et les conditions mêmes de son départ représentent aux yeux de ses nouveaux adhérents et de ses immédiats militants des valeurs différentes de l'indiscipline, de la violence, d'un pouvoir autoritaire et d'une valeur technique individuelle ou collective faible.

Tous sont à l'image de Jean Galia  enthousiastes et sous le charme du rugby à XIII qui représente pour tous des brillantes perspectives d'avenir et une nouvelle approche du rugby pour ses dirigeants et ses pratiquants.

Tonneins en est un des symboles.

Les détails de la création de Tonneins XIII et de son vécu au sein de l'institution treiziste française sont largement développés tout au long de cet ouvrage.

Ils en  sont les témoignages vibrants et affirment les  convictions et  l'affection profonde des membres de ce  club pour le rugby à XIII.

L'un des temps forts dans l'histoire du club de Rugby à XIII de  Tonneins restera en mai 1935 le premier congrès Amateur de la Ligue Française de Rugby à XIII.

Les responsables du mouvement "amateur" dans une stratégie volontariste, différente et complémentaire de l'autre aspect de la pratique déjà quasiment structurée expriment le besoin de s'organiser vite.

Ce sera fait dans ce fameux congrès fondateur de mai 1935, quelques mois après la création officielle en avril 1934 de la Ligue Française de Rugby à XIII.

C'est à cette occasion que seront jetés des bases et des principes de fonctionnement d’une large part des activités de l’actuelle Fédération et qui perdurent encore aujourd’hui.

Quatre régions Sud-Ouest, Sud Est, Midi, Ile de France  sont proposées par la commission centrale d’amateurisme pour organiser sur le territoire national des compétitions capables de désigner des qualifiés qui disputeraient le premier championnat de France.

Il comprend deux divisions la première et deuxième série et une Coupe de France ancêtre de la "Coupe Falcou".

Saint Médard, La Rochelle, Arcachon, Saintes, Celtic Saint Denis, sont les premiers champions de France entre 1935 et 1939.

Saint Gaudens gagne la Coupe face à Courbevoie en 1939 et succède au palmarès à La Rochelle et Arcachon.

Les Comités régionaux du moment, ou Ligues, aux noms évocateurs, Aquitaine, Côte d'Argent, Roussillon, Rouergue, Provence, Midi Pyrénées, Languedoc qui avec différentes réformes et évolutions deviendront avec le temps, les Ligues Régionales et les Comités départementaux de la Fédération nationale actuelle.

Le siège du Comité de l’Agenais avec pour Président le Dr Teyssier aura son siège à Tonneins.

Les divisions et les catégories d'âge certes encore aux effectifs faibles seront mises en place: Divisions Honneur, Excellence, Séniors, Juniors, cadets…

Tonneins qui jouera dans une poule avec Arcachon,  Facture, Monflanquin, Sainte- Livrade, La Réole comptera de séniors en nombre (plus de 40 licenciés) et des juniors.

L'organisation même des compétitions avec déjà des titres de champions de France est instaurée et pourront faire naître de ce fait les  premiers lauréats des fameux palmarès des catégories actuelles.

Les commissions chargées de la mise en œuvre et la nomination des responsables à leur tête seront mises au travail.

L’Equipe de France des amateurs est également mise en place avec un sélectionneur unique.

Amorcés le 29 avril 1935 au stade Buffalo à Paris les échanges avec l'Angleterre débuteront par une défaite 23 à 8.

La France remportera sa première victoire internationale en 1937 sur le stade du Parc Suzon à Bordeaux sur le score de 12 à 2 suivie d'une autre victoire à Bradford en 1938 ,15 à 11.

Des joueurs tels que Paillat, Balette, Tutard, Trouvé sont issus des clubs tels que Burdigalia, le QUEC de Paris, Dax, Villeneuve....

Se dégageront au niveau collectif comme c'est les cas dans les nouveaux clubs et comme c'est également le cas à Tonneins des compétences et des noms de personnes qui seront de fait les dirigeants du moment du rugby à XIII. André Darmaillac, Albert Falcou, Luc Nitard, Norbert Teyssier, Valmy Grand,  Mourgues, Bigois, Sabourin etc.

Cette histoire, ponctuée de documents officiels difficiles parfois à extirper de leur coin  d'oubli ou bien encore religieusement conservés, éparpillés selon les aléas de l'histoire s'enrichit encore.

Les témoins vivants de cette aventure formidable qui eux seuls pouvaient transmettre de bouche à oreille leurs meilleures histoires et leurs souvenirs ne sont plus là.

Nous essayons nous, quelques 80 années plus tard, de reconstruire en l'imaginant un peu parfois cette époque.

Ce qui est certain c'est qu'avec « l'Interdiction », et la "Cure de silence" imposées entre 1940 et 1944 cette histoire initiale n'en finit pas d'exercer sur nous son incroyable prégnance.

Elle appartient à la mémoire collective de notre sport et représente une valeur historique incontestable.

L'initiative de réaliser un ouvrage sur l'histoire du rugby à XIII à Tonneins ou sur l'histoire de Tonneins XIII contribue elle aussi à ce devoir de mémoire sur notre sport.

Avec elle vont surgir du passé des faits et personnages qui en ont construit son histoire.

Mais ils vont aussi contribuer à comprendre son présent et surtout ses perspectives d'avenir.

Avec un retour sur son passé Tonneins XIII va cultiver une certaine nostalgie mais laisser entrevoir également de formidables perspectives.

Celles qui animaient déjà entre 1934 et 1940 et depuis 1944 les congressistes du fameux Congrès de Tonneins et tous les membres de cet historique club de Tonneins XIII

Elles n'ont vraiment rien perdu de leur intensité.

Nous complétons l’article avec des photos du rugby à XV.

Petit historique d’Alain Glayroux

Alain Glayroux est l’auteur du livre les « 80 ans de Tonneins », de nombreux articles sur l’histoire locale et de différents ouvrages. Alain Glayroux est le Président de La Mémoire du Fleuve, bulletin d’études et de recherches sur l’histoire de Tonneins et du Tonneinquais.

Tonneins XIII peut s’enorgueillir d’avoir été l’un des premiers clubs amateur à adhérer à la Ligue Française de Rugby à XIII, le 25 et 26 mai 1934, avant le Quartier Étudiants Club de Paris (28 et 29 mai 1934) et le SA Villeneuve XIII (2 juin 1934).

C’est donc en Mars 1934, et sous la houlette de Messieurs Norbert Teyssier et Valmy Grand, qu’est créée une nouvelle société sportive : « Sport Athlétique Tonneinquais ».

Lors de cette assemblée générale il est précisé que cette association est destinée à faire vivre uniquement : « le Rugby et l’Athlétisme ».

Malgré le peu de document de cette époque en notre possession nous pouvons supposer qu’avant et pendant la création de ce club, des points de vues divergents existent entre les dirigeants des deux sociétés sportives du moment : « l’Amicale Sportive Tonneinquaise » et le « Sport Athlétique Tonneinquais ».

En effet, en parcourant le journal La Petite Gironde pour l’année 1934, nous trouvons la trace d’une convocation de la part du bureau provisoire de « l’Amicale Sportive Tonneinquaise », qui invite tous les amis du sport (tir, basket, gymnastique) à assister à la réunion générale qui doit se tenir le vendredi 29 juin 1934, dans une salle de l’ancienne école laïque de filles, avec à l’ordre du jour : « …Orientation nouvelle à donner à la Société par suite de suppression des sections de rugby et d’athlétisme… ».

Mais visiblement c’est sans compter sur l’opiniâtreté de Norbert Teyssier et de Valmy Grand, car un mois avant, ces deux fers de lance, invitent tous les sportifs à assister à la réunion générale qui se tient le vendredi 25 mai 1934 à 21 heures, dans la salle de l’ancienne école des filles. Il est précisé par les deux fondateurs et par presse interposée  que : « …Tous les vrais sportifs qui ont souci de l’avenir du sport à Tonneins se feront certainement un devoir d’assister à une séance qui leur offre un si vif intérêt… ».

Ce soir-là, les participants découvrent les noms du bureau provisoire : Comité d’Honneur : MM. Jean Dubourg (Maire de Tonneins), Douézan, Timbeau, De Tapol, Hublot (fils), Seguin, Calvet. Comité actif, Président : M. Norbert Teyssier, Vice-présidents : MM. Fabas, Lacassagne, Gervais, Layssac, Fougeras, Sieuzac. Secrétaire Général : M. Valmy Grand, Secrétaire Adjoint : M. Castanet, Trésorier Général : M. Aché, Trésorier Adjoint : M. Charbonnier, Archiviste, M. Joseph Darnis.

La composition de ce bureau est annoncée dans la presse, le mercredi 30 mai 1934, le journaliste de La Petite Gironde reprend in extenso les propos de M. Norbert Teyssier :

« … Ces hommes, animés de sentiments sportifs hautement exprimés et attachés à faire triompher les couleurs de Tonneins espèrent être compris et suivis par la population. Celle-ci sera tenue au courant des faits et gestes du groupement par la presse locale, toujours prête à favoriser la cause sportive… ».

Nous savons par ailleurs qu’au début du XXème siècle Tonneins possédait son équipe de Rugby à XV et nous pouvons présumer que les différents qui opposent ces deux associations sportives émanent justement de la création de l’équipe de Rugby à XIII, qui se fait dans les mois suivants.

Le samedi 17 mars 1934 le journal La Petite Gironde titre dans la rubrique tonneinquaise :

«  Demain Dimanche, l’Amicale Sportive Tonneinquaise se déplacera à Agen, pour rencontrer les redoutables réserves du Sporting-Union-Agenais en lever de rideau du match de championnat de France : Lourdes contre Saint Vincent de Tyrosse. Les poulains de Cassany vont se heurter à un adversaire de grande classe. Ne viennent-ils pas de se qualifier brillamment pour les quarts de finale du championnat de France par des scores plus imposants. Les dirigeants de l’Amicale Sportive font appel au dévouement de tous les équipiers premiers pour qu’ils se rendent à Agen afin de défendre le bon renom de l’A.S.T. … ».

Les joueurs suivants sont convoqués au siège de l’AST, café de la Gare à 11h30 précises : Cazenave, Solles, Duthil, Baillet, Demont Jean, Moga, Cler, Noyé, Garrigue, Molle, Siguinel, Cassany, Roumat, Servino, Homs, Goulat.

Quelques semaines plus tard, nous retrouvons une très grande partie de ces joueurs qui composent la première équipe de rugby à XIII de Tonneins.

L’année d’après, le samedi 25 mai 1935, se tient à la Mairie de Tonneins, le 1er Congrès de la section Amateur de la Ligue Française de Rugby à XIII.

Pendant la période de la Seconde Guerre Mondiale, le 4 octobre 1943, sous la présidence de M. Genès Gérard, et par courrier à la Préfecture de Lot-et-Garonne, est déclarée la création de l’Union Sportive Tonneinquaise (journal officiel du 26 octobre 1943).

L’entête de ce courrier où est apposée « Ligue Française de Rugby à XIII » est rayé et remplacée par « Fédération Française de Jeu à XIII ».

Le 5 janvier 1947, dans un énième courrier du Président d’alors, M. Robert Chaudruc, adressé à la Préfecture nous retrouvons l’entête initial (appellation retrouvée officiellement en 1993).

Après ces années de trouble le club adhère de nouveau à la Ligue de Rugby à XIII reconstituée, il est enregistré sous le numéro 21.

Comme nous l’a précisé dans sa préface M. Robert Fassolette, l’Histoire du rugby à XIII n’est pas celle d’un long fleuve tranquille.

Plus près de nous, en 1979, les clubs de Villeneuve et Tonneins XIII se voient refuser le stade municipal de Marmande par le Maire de l’époque pour :

« …des raisons d’ordre public et de sécurité… ».

Les huitièmes de finale de la coupe de France opposant Villeneuve à Tonneins, se déroulent sur le terrain de La Réole (33).

Pour terminer ce petit historique, en parcourant la presse de l’époque et certains courriers, nous apprenons que les couleurs de Tonneins XIII ont changé plusieurs fois :

  • 1934 : le rouge, le vert et bleu.

  • 1946 : l’orange et le bleu.

  • Le rouge et le noir sont la signature actuelle de Tonneins XIII.