Le professeur, journaliste, historien, dessinateur et aquarelliste Jean Caubet (1905 - 1999)

Biographie : Annie Timbeau-Rapin et Alain Glayroux

 

14/02/1905 - 3/03/1999

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Nous avons pensé que pour commencer l’étude consacrée à Monsieur Caubet nous ne pouvions mieux faire que de lui laisser la parole. Nous présentons ci-dessous quelques paragraphes de l’allocution qu’il prononça devant un parterre choisi à Sarlat (24), le 17 février 1995, lors de la sortie de son ouvrage : « Histoire de Sarlat (1) ». Nous remercions chaleureusement monsieur Yves Pèlerin, qui a eu la gentillesse de nous communiquer de très nombreux documents inédits sur son ancien professeur et ami avec lequel il resta en correspondance jusqu’à son décès. 

 

Voici donc ce que Jean Caubet pensait du « métier » d’historien :

 

« …L’histoire locale a été longtemps décriée, voir ignorée. C’était là, entre autres choses, un des fâcheux effets de la centralisation abusive dont souffre notre pays, du mépris dans lequel on a longtemps tenu le régionalisme, du fameux complexe de supériorité parisien, survivance démocratique de l’esprit de Cour. De même que l’on continue à affirmer qu’il n’y a de bon bec qu’à Paris, comme si en province on ne savait pas bien manger, on ne s’est longtemps intéressé qu’aux évènements dont Paris avait pu être le théâtre, comme si dans nos régions il ne s’était rien passé qui mérite qu’on s’y arrête.

 

Si l’histoire n’est qu’une pauvre petite science conjecturale, si par sa porte étroite se glissent des demi-vérités, beaucoup d’erreurs et la passion des témoignages tendancieux, que dire de l’histoire locale et du travail de fourmi de ceux qui s’y consacrent. L’on a à peine fait imprimer un livre que l’on vous apporte de nouveaux documents. La recherche est lente et rendue difficile par le fait que beaucoup d’anciennes familles ont vendu ou vendent lettres et archives, par le fait aussi que l’on détruit les vieux papiers un peu à tort et à travers… ».

 

Monsieur Jean-Antoine-Louis Caubet est né à Agen le 14 février 1905, dans une famille modeste, et décède à Villeneuve-sur-Lot, le 3 mars 1999. Jean Caubet est le fils de Georges-Marcel-Jean Caubet et de Jeanne Nasse. Jean Caubet épouse Odette Caussinus et de cette union naissent trois enfants, Michelle, Francis et Jean-Louis.

 

Il fréquenta l’École Jules Ferry d’Agen. Excellent élève, il fut admis au concours des Bourses et il alla poursuivre ses études à l’École Supérieure de Nérac où il obtint successivement le Brevet Simple et le Brevet Supérieur. Il fut reçu major à l’École Normale des garçons de Montauban (à cette époque, les futures institutrices fréquentaient l’École Normale de jeunes filles d’Agen, puisque la mixité n’existait pas dans les établissements scolaires). C’est major encore qu’il quittât l’École Normale à 19 ans et il fut nommé professeur de Lettres au Cours Complémentaire Jasmin à Agen où il enseigna jusqu’en 1932.

 

C’est à cette époque qu’il épousa Odette Caussinus et qu’il partit avec elle à Tarragone, en Espagne, où il avait été nommé Directeur des Écoles Supérieurs. Il fut cependant contraint de quitter ce pays qu’il appréciât particulièrement et qui fut pour lui une source d’inspiration quand débuta la guerre civile. Il regagna la France où le jeune couple exerça jusqu’en 1940. L’Espagne n’était pas pour autant oubliée mais, en raison des évènements il n’eut pas la possibilité de rejoindre Malaga un poste analogue à celui de Tarragone. Il devint alors professeur au Cours Complémentaire de garçons à Tonneins (les élèves du Cours Complémentaire de filles y rejoignirent les garçons lorsque leur établissement de Gardolle fut confisqué par les Allemands). Monsieur Caubet enseignait le français, l’espagnol, l’histoire, le dessin et il occupait en outre bénévolement de nombreuses activités périscolaires : théâtre, orchestre etc.

 

Il prit la retraite en 1960, ne laissant que des souvenirs d’admiration émue et respectueuse aux générations d’élèves dont il eut la charge. Il correspondait régulièrement avec beaucoup d’entre eux et les reçut jusqu’à la fin de sa vie à la maison de retraite Orpéa de Villeneuve-sur-Lot.

 

Officiers des Palmes Académiques, il était devenu membre-résidant de la Société Académique. Il publia son premier roman à la Libération : Chanson flamenca, chez Albin Michel qui fut porté à l’écran en 1949 ; c’est Françoise Arnoul qui incarna l’héroïne. Chez Albin Michel parurent encore : Prière à la rosée, Arabelle, Jeune femme, Faux destins, Retrouvailles, Confidence aux étoiles.

 

Plusieurs autres romans parurent encore chez d’autres éditeurs : Relizanne, Iratzéa, la Fiancée majorquine, Eaux mortes, Vert printemps, Bonheur à Valvidia, Bâteaux de filles à marier, l’Homme qui criait la vérité aux étoiles du matin (sélectionné pour le prix populiste).

 

Il fit également paraître plusieurs nouvelles, la plupart du temps primées. Il manqua seulement une voix à La marquise s’était retirée à Portachuelo, pour obtenir le Goncourt de la Nouvelle.

 

En plus de cela il a laissé 200 contes et grand nombre de conférences.

           

Quant à ses œuvres historiques, elles représentent une inestimable contribution à la connaissance de notre région :

 

  • Penne d’Albigeois,
  • La Révolution à Panne,
  • Réflexions sur l’affaire espagnole,
  • Histoire de Tonneins (2 éditions),
  • Aiguillon, cité ducale, prix du Conseil Général du Lot-et-Garonne,
  • Clairac, mille ans d’histoire,
  • La Révolution à Tonneins,
  • Jouan le jeune, la Marat tonneinquais,
  • Une bastide nommée Laparade,
  • Une petite place de sûreté de l’Agenais : Monheurt,
  • Tonneins et son passé,
  • Puch-d’Agenais,
  • Quelques faits peu connus de l’histoire de l’Agenais,
  • Aventure et amours en Agenais,
  • Cathares en Agenais,
  • Marmande, 700 ans d’histoire,
  • Henri IV et ses amours,
  • Histoire de l’Agenais,
  • Miramont et son passé,
  • Histoire de Cancon.

 

Il a également légué un nombre d’articles à La Mémoire du Fleuve, où ils paraissent toujours.

 

Il ne faut pas oublier enfin sa participation aux journaux régionaux : La Dépêche du Midi, et Le Républicain. Il consacra le dernier « A propos », un billet d’humeur paru dans le Républicain, au Général de La Bruyère né au château de Pereguilhot à Laparade.

 

En 1982, le Maire et Conseiller Général de Tonneins, M. Ousty, le nomma citoyen d’honneur de la ville de Tonneins. En 1984 il donna le nom de Jean Caubet à la salle d’honneur et d’exposition du Centre Culturel.

 

Pour la parution de Tonneins, 5000 ans d’histoire, une réception fut organisée au cours de laquelle Yves Pèlerin prononça un hommage d’amitié, de respect et d’humour qui du combler l’auteur.

 

Le 16 février 1995, pour les 90 ans de l’écrivain, M. Ousty rassembla autour de lui sa famille, ses amis et anciens élèves au cinéma Rex où fut projetée « L’épave ».

 

M. Jean Caubet s’est éteint à Villeneuve-sur-Lot, le 3 mars 1999 et le nouveau maire, M. Jean-Pierre Moga a tenu à donner son nom à l’une des rues de Tonneins.

 

Parmi ceux qui ont poursuivi les recherches à propos de la ville nous tenons à remercier tous les collaborateurs de La Mémoire du Fleuve, tous ceux qui nous ont confié des documents, fourni des témoignages. Nous dédions enfin une pensée reconnaissante à tous les collaborateurs aujourd’hui disparus, MM. Corsan, Blois, Martin, Gouyran, Gache, Martin et l’un des membres fondateurs de La Mémoire du Fleuve, M. Bernard Lareynie.

 

Par ailleurs nous savons que Jean Caubet a signé plusieurs ouvrages « l’inconnu du parc de Montjuich », « scandale à Hollywood » ou « accident à Miami » sous le pseudonyme de Jean-François Saint Hilaire.

     

Pour compléter cette biographie, Jean Caubet a aussi écrit 33 ouvrages manuscrits (romans, nouvelles, récits historiques etc) qu’il a photocopiés et relié artisanalement.

 

Ci-après la liste des ouvrages :

  • L’Abbé Lanusse (2 éditions),
  • Mon village en 1944, Fauillet,
  • Poton de Xaintrailles,
  • Histoire de l’Abbaye de Clairac,
  • Madame de Combalet, duchesse d’Aiguillon,
  • Monsieur de Lavauguyon, seigneur de Tonneins,
  • Petite histoire de la Garonne,
  • La révolution en Agenais,
  • Une femme de la nuit,
  • Sur les traces du Vert Galant,
  • Contes d’Espagne et d’ailleurs,
  • Contes de chez nous et d’ailleurs,
  • Les trois Suédoises,
  • Marucha,
  • La maison du bonheur,
  • Histoires insolites,
  • La robe rouge,
  • Plaisir des contes,
  • Propos du dimanche,
  • Promenades au jardin des vieilles coutumes françaises,
  • La maison des belles de nuit,
  • Amours, amours,
  • Contes et nouvelles,
  • Histoires courtes,
  • Fabienne,
  • Les mimosas,
  • Quelques personnages diversement célèbres,
  • Lisbeth,
  • Autres propos du dimanche,
  • Trois monarques d’occasion,
  • Richard cœur de lion,
  • Renouveau des contes.

 

 

(1) :  Publié par la maison des Gazettes, avec des illustrations d’André Derue.

Couvertures des livres écrits par Jean Caubet

Ses aquarelles

Texte : Alain Glayroux. Images cédées par la famille de Jean Caubet.

 

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Les aquarelles signées Jean Caubet nous ont été communiquées par sa famille. Nos remerciements.

 

Il n’est pas inutile de préciser que quand Jean Caubet part pour l’Espagne, son épouse Odette, est, elle aussi détachée par le Ministère de l’Éducation Nationale. Durant cette période d’éloignement, Jean Caubet s’est consacré à la peinture, il a exposé plusieurs fois dans son pays d’accueil où il s’est investi dans de nombreuses activités liées à l’éducation.

 

Ce n’est pas pour autant qu’il a délaissé l’écriture au contraire, « Chanson Flamenca » sera un très grand succès et ce roman sera porté à l’écran en 1949, l’héroïne sera Françoise Arnoul. Au grand bonheur des cinéphiles et des Tonneinquais, le film sera diffusé dans les années 1990 sur l’écran du Cinéma Rex de Tonneins en présence de l’auteur.